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Les délais de paiement, un épineux effet domino pour les entreprises / Recouvrer des créances reste un métier à part entière

Quand les clients peinent à payer leurs factures, c’est toute une chaîne de valeur dont la croissance se retrouve pénalisée. Une problématique difficile à résoudre alors que le recouvrement des créances engendre des dépenses et nécessite de nouvelles compétences, dans un contexte d’inflation où les entreprises tentent de contenir leurs coûts.
Euros (© Hans Lucas via AFP)
Euros (© Hans Lucas via AFP)

Un délai de paiement trop étalé, qui brise un maillon dans la chaîne de valeur d’une entreprise et voilà tout un écosystème à la peine. Dans un contexte d’inflation et de hausse des taux d’intérêt, de plus en plus de sociétés se voient contraintes de revoir leurs ambitions de croissance à la baisse afin d’optimiser leur rentabilité et de tenter de contenir leurs coûts.

C’est en tout cas le sentiment exprimé par la moitié des 10 000 entreprises européennes interrogées par la société de gestion et de recouvrement de créances Intrum, dans son dernier rapport European Payment Report 2023 paru ce mardi matin. Et alors que 49 % des entreprises françaises affirment que les conditions de paiement qu’elles proposent actuellement nuisent à leur bon développement, elles sont de plus 59 % à estimer que les risques de retard et de non-paiement de la part de leurs clients se développera au cours des douze prochains mois.

"Malgré un effort du gouvernement français pour contenir l’inflation, notamment grâce au plafonnement des prix de l’énergie, 45 % des entreprises françaises envisagent de demander des délais de paiements plus long, contre 38 % en moyenne en Europe. Outre les deux phénomènes exogènes que sont l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, il faut aussi ajouter en France les coûts salariaux qui viennent peser sur la trésorerie", souligne Thomas Duvacher, le directeur général d’Intrum, lors d’un entretien accordé à WanSquare. En effet, 48 % des entrepreneurs tricolores s’attendent à ce que leurs employés demandent une augmentation de salaire d’ici à la fin de l’année 2023.

Un cocktail de progression des prix, des salaires et des taux d’intérêt qui offre un résultat quelque peu amer aux entreprises. Et qui représente par ailleurs une véritable épine dans leur pied à plus long terme, puisque l’étalement des délais de paiement peut se trouver à l’origine d’un cercle vicieux.

 

Moins de cash, plus de dépenses

 

Car un retard de paiement engendre un trou de trésorerie, difficile à supporter en ces temps de contraction économique. Pour combler ce manque et ainsi recouvrer leurs créances, les entreprises se voient dans l’obligation de dépenser davantage de fonds. "Il est nécessaire de bien appréhender les pressions opérationnelles sur les délais de paiements. De plus en plus d’entreprises françaises sont contraintes de demander des délais supplémentaires de paiement même si l’Hexagone reste cohérente avec la moyenne européenne", poursuit Thomas Duvacher.

Il reste tout de même à souligner que 56 % des déclarants indiquent qu’il est toujours plus difficile de s’entendre sur les délais de paiement, tandis que 60 % d’entre eux notent une dynamique croissante du nombre des reports de facturation. "Cela veut aussi dire que toutes ces demandes génèrent des hausses de charge de travail et renchérissent le poste créances clients. De nombreuses entreprises ne disposent pas de ces ressources en interne. De plus, pour engager un processus de recouvrement, il est nécessaire d’utiliser un outil important pour faire de la relance automatique. Il faut associer la technologie et les ressources humaines", indique ainsi le directeur général d’Intrum.

Et de fait, les entreprises françaises passent en moyenne 77 jours par an (et à temps plein) à s’affairer à la gestion des retards de paiement. Ce qui représente d’ailleurs une opportunité pour Intrum de déployer son expertise en la matière. Dans le courant de l’année 2023, la société lancera deux plateformes à destination des entreprises. La première, Actipay, sera mise à disposition des TPE et PME. Le but : faciliter la gestion des demandes de recouvrement de manière proactive.

La seconde, Actipay Expert, servira aux grandes entreprises pas moins concernées par l’allongement des délais de paiements. Interrogés sur la structure des entreprises ayant requis un temps supplémentaire pour venir à bout de leurs factures, les répondants ont en effet indiqué que la part des ETI et des grandes entreprises a dépassé de près de dix points celle des TPE et PME - à 64 % contre 55 % -.

 

Des droits méconnus

 

Une solution qui apparaît donc nécessaire, d’autant que la réglementation européenne en vigueur à ce sujet n’est pas assez connue par les entreprises. En effet, 58 % des interrogés ont déclaré ne pas avoir exercé leur droit à des intérêts de retard, en vertu de la directive européenne sur les délais de paiement.

"Ceci est lié à un manque d’information. Nous sommes au fait de cette actualité réglementaire. Mais beaucoup ne le sont pas, ce qui est problématique puisque la trésorerie de très nombreuses entreprises commence à être sérieusement impactée par l’accroissement des délais de paiement", avance Thomas Duvacher.

La société qu’il dirige poursuit par ailleurs ses échanges avec la Commission européenne, en vue de faire évoluer la réglementation européenne. Mais attention, "cela doit se faire dans le cadre d’une connaissance approfondie de notre métier, que nous ne tendions pas vers une directive qui génère de nouvelles difficultés. Toutes les pratiques nationales sont différentes et doivent être respectées. Il n’y en a pas une qui propose de meilleurs résultats que d’autres", avertit le directeur d’Intrum. D’un pays à l’autre, la charge d’un retard de paiement ne sera par exemple pas imputée au même niveau de la chaîne de valeur.

"Le point majeur sur lequel nous souhaitons insister concerne surtout les TPE et PME, dont le quotidien ne peut pas se constituer de recouvrement de dette. Il est donc important de leur proposer une solution de mutualisation technologique ainsi que des ressources grâce auxquelles elles ne paieront que le coût marginal. Nous souhaitons réellement être un facilitateur pour l’écosystème entrepreneurial", conclut ainsi Thomas Duvacher.

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