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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

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Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

Ce qu’il faut attendre de la BCE ce jeudi / Se laissera-t-elle amadouer par la récession en zone euro ?

Dans un contexte où l’activité économique de la zone euro vient de reculer lors de deux trimestres consécutifs, l’institution de Francfort se prononcera dans trois jours quant à une éventuelle nouvelle hausse de taux d’intérêt de 25 points de base. La contraction du Produit intérieur brut (PIB) ne devrait pas l’amener à changer de braquet ce jeudi et au-delà, étant donné la menace qui continue de peser sur la stabilité des prix.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Les déboires économiques de la zone euro ne devraient pas infléchir la position de la Banque centrale européenne (BCE). Alors que le Produit intérieur brut (PIB) des vingt pays membre de la zone euro s’est contracté de 0,1 % au cours de deux trimestres consécutifs (d’octobre 2022 à mars 2023, soit la définition d’une récession), la BCE, qui se prononcera ce jeudi quant au fait qu’elle décidera ou non d’une nouvelle hausse de taux d’intérêt de 25 points de base, ne devrait pas y prêter particulièrement attention.

Pourtant, un tel phénomène aurait de quoi alimenter des pressions désinflationnistes voire déflationnistes.

"La révision à la baisse du PIB de la zone euro, qui a plongé la région dans une récession technique, est due à la volatilité des données en Allemagne, aux Pays-Bas et en Irlande", fait remarquer Frederik Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique de Pictet Wealth Management. Un point de vue partagé par les économistes de Deutsche Bank qui parlent de bruit statistique.

Bien que cela puisse entraîner "une légère révision à la baisse des projections de croissance des services de la BCE", juge l’économiste, "le tableau d’ensemble reste inchangé ". Pour mémoire, l’institution de Francfort anticipe une progression de 1 % du PIB de la zone euro en 2023 et de 1,6 % en 2024.

"La zone euro s’est avérée beaucoup plus résistante que prévu à une combinaison sans précédent de chocs sur les revenus réels", rappelle Frederik Ducrozet. Lorsque les inquiétudes à propos de la crise énergétique étaient à leur paroxysme au sein du Vieux continent l’automne dernier (une pénurie de gaz et d’électricité était envisagée), la BCE avait communiqué sur une croissance de 0,5 %.

Aussi, "tant que le chômage reste proche de ses plus bas niveaux cycliques [il s’est établi à 6,5 % de la population active en avril, ndlr], il est très peu probable que la BCE change de trajectoire", estime le chef économiste.

 

Quid de cet été ?

 

Alors que le marché attend au moins deux autres hausses de taux d’intérêt de 25 points de base (le taux de la facilité de dépôt se situerait à 3,75 % fin juillet), il ne scrutera donc pas tant, ce jeudi, les nouvelles prévisions de croissance de la BCE que celles afférentes à l’évolution des prix à la consommation.

"Les prévisions les plus importantes sont les prévisions d’inflation pour 2025. En mars, la BCE prévoyait 2,1 % pour l’inflation globale et 2,2 % pour l’inflation sous-jacente. Nous pensons que ces prévisions resteront inchangées, bien qu’il soit possible que l’inflation globale tombe à 2 % au cours du deuxième trimestre 2025, soit un trimestre plus tôt que prévu en mars", explique-t-on chez Deutsche Bank.

Même si l’inflation sous-jacente a montré des signaux encourageants en mai, il est "peu probable" qu’elle soit revue à la baisse à horizon deux ans, plussoie Frederik Ducrozet, qui pointe la rigidité des prix des services et les fortes pressions salariales (la croissance des salaires nominaux a atteint 5,2 % sur un an au premier trimestre). Des éléments qui plaident pour une nouvelle augmentation de 25 points de base des taux d’intérêt directeurs lors de la réunion du Conseil des gouverneurs du 27 juillet.

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