ESG / Engie / décarbonation / transition énergétique / Stratégie climat
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Engie / décarbonation / transition énergétique / Stratégie climat
Le pragmatisme comme essentiel du scénario de décarbonation d’Engie / La flexibilité pour maximiser l'utilisation des énergies renouvelables
Un scénario de décarbonation, oui, mais qui s’appuie sur du concret. Alors qu’Engie a révélé ce lundi un livret pour œuvrer à la transition énergétique européenne à horizon 2050, la directrice générale de l’énergéticien franco-belge Catherine MacGregor a ainsi souligné avoir "essayé de mener ces réflexions avec une approche qui nous caractérise : le pragmatisme".
Une approche la plus ancrée possible dans la réalité et qui nécessitera, a précisé la dirigeante, de prendre en compte deux impératifs que sont la compétitivité et la robustesse. La compétitivité, tout d’abord car il n’est pas possible d’envisager la transition "à n’importe quel coût", a-t-elle poursuivi. Mais aussi la robustesse du système, un terme que Catherine MacGregor préfère par ailleurs employer à la place de celui, plus galvaudé, de résilience.
Dans tous les cas, l’objectif reste le même : atteindre l’objectif net zéro carbone d’ici à 2050. Les pays inclus dans le scénario d’Engie (soit quinze États européens, qui représentent 90 % des émissions du continent) devront ainsi passer "d’une tendance historique de réduction de 1 % à 4 % de réduction des émissions par an" sur les vingt à trente prochaines années, a soutenu le chef économiste de l’énergéticien, Pierre-Laurent Lucille. Mais, rassure l’économiste, le scénario est tangible : d’une part parce qu’il porte une vision européenne, d’autre part parce qu’il intègre une pluralité des vecteurs énergétiques et une approche réaliste sur les choix techno-économiques.
Concrètement, le scénario intègre des projections précises à horizon 2050. Tout d’abord, celle d’une croissance de la population de 12 %. Puis, d’une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 1,3 % par année. Et d’ici à l’échéance, la sobriété et l’efficacité énergétiques devraient faire reculer la demande d’énergie de 34 %. Mais cela passera nécessairement (et entre autres) par accélération significative du développement des énergies renouvelables, indique Engie, en premier lieu électriques - éolien et solaire -.
Fois six
En cause, une électrification massive des usages anticipée par l’énergéticien notamment dans la mobilité ou dans la production d’hydrogène par électrolyse. Pour verdir l’électricité, la production d’électricité de l’éolien et du photovoltaïque devrait être multipliée par six d’ici 2050. "La baisse des coûts [de ces deux types d’énergie] depuis quelques années rend ces technologies incontournables pour l’avenir, d’autant plus qu’elles renforcent la souveraineté énergétique du continent", précise Engie.
Mais puisque les énergies renouvelables sont, de fait, soumises à des conditions météorologiques, un système qui repose sur celle-ci se devra de prendre en compte la gestion d’une plus grande variabilité de leur production. Toujours dans cette idée de pragmatisme, l’énergéticien formule donc quelques leviers qui encourageraient cette dite flexibilité. Par exemple, du côté de l’offre, grâce à un système de stockage par batteries stationnaires, de pompage-turbinage ou de centrales thermiques décarbonées. Du côté de la demande, cela pourrait passer la maîtrise de la demande en énergie ou encore par les batteries de véhicules électriques.
"Par exemple, le fait de décaler la recharge des véhicules à une valeur énorme. L’électricité qui reste dans la batterie peut ainsi être injectée à nouveau dans le réseau. Cela n’existe pas encore aujourd’hui mais cela fait partie de nos scénarios", a quant à lui souligné Nicolas Lefevre-Marton, directeur de la stratégie d’Engie.
Car le développement de la flexibilité sera l’un des verrous concrets à lever afin que l’Europe puisse atteindre ses objectifs en termes de décarbonation. Et au travers d’actions concrètes, les capacités flexibles qui s’élèvent en Europe et en 2023 à 222 gigawatts pourraient atteindre 820 gigawatts en 2050. "Nous sommes observateurs de la transition énergétique, mais nous sommes surtout acteurs. C’est-à-dire que nous sommes très présents sur l’ensemble des leviers de décarbonation", a fait valoir Claire Waysand, secrétaire générale d’Engie. À l’instar, par exemple, des actions financières mises en place par l’énergéticien pour aider l’ensemble de sa chaîne de valeur à créer des plans de transition énergétique mais aussi en ses qualités de premier producteur français d’énergies renouvelables électriques ou de réseau de froid. Et à Claire Waysand de conclure : "Forts de cette expérience, nous concluons ce rapport sur un ensemble de leviers très opérationnels. Nous souhaitons dépasser le constat et la vision".
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