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Resserrement monétaire : la Fed veut laisser du temps au temps / Mais pas trop quand même
La Réserve fédérale américaine (Fed) fait une pause. Pour la première fois depuis qu’elle a décidé de relever son taux d’intérêt directeur en mars 2022, la Fed s’est abstenue de le modifier à l’issue de la onzième réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC) en quinze mois (il s’établit dans une fourchette comprise entre 5 % et 5,25 %). Cela ne veut pas dire qu’elle a cessé de lutter contre une progression annuelle des prix à la consommation encore deux fois plus rapide (4 % en mai) que celle exigée par son mandat.
Latence
"Nous avons parcouru beaucoup de chemin et les effets de notre resserrement ne se sont pas encore fait pleinement sentir", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse. Le grand argentier a justifié l’absence de hausse, décidée à l’unanimité du FOMC, par "le chemin parcouru dans le resserrement de notre politique, les retards incertains avec lesquels la politique monétaire affecte l’économie, et les vents contraires potentiels du resserrement du crédit".
La littérature académique parle d’un délai de transmission des décisions de politique monétaire à l‘économie réelle allant de 1 à 2 ans, soit la période où nous nous trouvons actuellement compte tenu du début du cycle de resserrement (fin 2021 lorsque l’on prend en compte les actions sur le bilan).
50 points de base
La décision de la Banque centrale américaine ne semble pas signifier que le taux d’intérêt terminal (le pic du niveau atteint par les taux lors du cycle de hausse) a été atteint. En effet, "en ce qui concerne l’avenir, presque tous les membres du FOMC estiment qu’il sera probablement nécessaire de procéder à de nouvelles augmentations de taux cette année pour ramener l’inflation à 2 % à terme", a prévenu Jerome Powell.
Dans le détail, les dots (trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation) indiquent que douze des dix-huit membres du FOMC anticipent un taux d’intérêt directeur supérieur d’au moins 50 points de base à son niveau actuel lors du mois de décembre 2023 : il serait alors compris entre 5,50 % et 5,75 %.
Il faut dire que les banquiers centraux américains ont pris acte de la résilience de la demande américaine et ont amendé leurs prévisions de plusieurs grands agrégats macroéconomiques en conséquence. Des nouvelles prévisions qui vont toutes dans le sens d’un resserrement monétaire supplémentaire. De fait, ils prévoient (médiane) que la progression du PIB s’établira à 1 % en 2023 (contre 0,4 % en mars) tandis que le taux de chômage (3,7 % aujourd’hui) ne devrait atteindre que 4,1 % fin 2023 (contre 4,5 % précédemment anticipé) et l’inflation sous-jacente 3,9 % (contre 3,6 % à l’origine).
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