Macro-économie / Taux / Banque de France / croissance / Emploi / 2025
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Banque de France / croissance / Emploi / 2025
La Banque de France prévoit moins de croissance d’ici à 2025 / Paradoxalement, les créations nettes d’emploi s'annoncent plus importantes que prévu
D’ici 2025 la France va enregistrer une plus faible performance de croissance qu’anticipé. C’est ce qu’on peut déduire du nouveau jeu de prévisions de la Banque de France. Si l’institut d’émission a révisé à la hausse de 0,1 point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) hexagonal pour cette année (0,7 %), elle l’a révisée à la baisse de 0,2 points pour 2025 et 2025 (1% et 1,5% respectivement).
Ralentissement mais pas de récession
"La demande mondiale adressée à la France devrait être plus faible que prévu", a expliqué Olivier Garnier, directeur général des statistiques, des études et des relations internationales de la Banque de France, à l’occasion d’une conférence de presse. Pour autant, l’économiste a souhaité voir le verre à moitié plein. "Ce que l’on peut retenir est que la France devrait voir l’inflation ralentir sans connaître de récession, même si le ralentissement économique est marqué", a-t-il soutenu.
De fait, alors qu’elle devrait atteindre en moyenne 5,6% cette année, l’inflation sur douze mois (telle que mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé) devrait s’établir à 2,4% en 2024 puis 1,9% en 2025.
Croissance riche en emplois
Evidemment, ce ralentissement économique "marqué" va s’accompagner d’une augmentation du taux de chômage. Toutefois, elle devrait être paradoxalement moindre que dans le précédent scénario de la Banque de France où la croissance était attendue plus élevée.
Le taux de chômage devrait atteindre 7,1% cette année, puis 7,4% l’an prochain et 7,6% en 2025, contre respectivement 7,5%, 8,1% et 8,1%. C’est ainsi qu’en cumulé sur trois ans, l’économie française devrait enregistrer 84 000 créations nettes d’emplois contre 130 000 destructions nettes prévues initialement.
"Nos prévisions passées reposaient sur une fermeture assez rapide du cycle de productivité du travail (c’est-à-dire de l’écart entre la productivité du travail et sa tendance de moyen-long terme), alors que les données récentes ne montrent pas que ce mouvement soit déjà enclenché", a indiqué Olivier Garnier, qui a expliqué que "nous avons donc ralenti le rythme de rattrapage de la productivité du travail vers sa tendance ".
Rappelons que pour de multiples raisons, depuis la crise pandémique, l’emploi a progressé plus vite que l’activité économique, ce qui implique que la productivité par tête a baissé en France. Cela a donc créé un écart entre son niveau théorique et effectif et devrait donc générer un effet de rattrapage. Ce dernier sera toutefois plus étalé que prévu. "Suite aux erreurs positives sur l’emploi marchand dans nos exercices de prévision antérieurs, nous anticipons à présent que le cycle de productivité se refermerait, sur trois ans environ au lieu de deux dans notre prévision de mars", a fait valoir la Banque de France.
En outre, les créations nettes d'emplois seront entre autres nourries par la réforme des retraites (décalage de deux ans l'âge d'ouverture des droits à la retraite d'ici à 2030 et allongement de la durée de cotisations de 42 à 43 ans d'ici 2027). "La montée en charge progressive à partir de septembre 2023 aurait un impact positif sur le nombre d’actifs qui se transmettrait progressivement à l’emploi", estime la Banque centrale.
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