Macro-économie / Taux / Minerais / Chine / Etats-Unis
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Minerais / Chine / Etats-Unis
La guerre des minerais poursuit son cours / L’Empire du milieu continue à faire preuve d’un protectionnisme débordant
La stratégie chinoise de s’approprier la plus grande par possible des minerais dits stratégiques à travers le globe vient de connaître un nouvel épisode. Le ministère chinois du Commerce vient effectivement d’annoncer qu’il restreignait les exportations en direction des États-Unis de plusieurs produits contenant respectivement du gallium et du germanium, à compter 1er août. Ce sont officiellement des raisons de sécurité nationale qui poussent les autorités chinoises à prendre cette décision. Dans les faits, difficile d’y voir autre chose qu’une réponse aux restrictions des exportations de semi-conducteurs annoncées il y a peu notamment par les États-Unis.
Une toute récente publication de Global Sovereign Advisory (GSA) est revenue sur le travail titanesque accompli ces dernières années par la Chine, pour s’assurer le premier rôle sur le sujet des minerais stratégiques. En revenant notamment sur le fait majeur "de la prééminence chinoise de la chaîne de valeur des minerais stratégiques : sa maîtrise quasi-totale du raffinage ". La Chine est devenue en quelques décennies " un acteur minoritaire de l’extraction de la plupart d’entre eux, ce qui ne l’empêche pas de raffiner 90 % du manganèse, 76 % du cobalt, 65 % du lithium, 58 % de l’aluminium ou encore 40 % du cuivre à l’échelle mondiale".
Une planification étatique sans pareil
Alors que l’Europe et les États-Unis viennent tardivement de comprendre l’importance d’assurer la sécurité de l’ensemble de la chaîne de valeur de la transition énergétique, l’Empire du milieu la mène depuis des années. GSA rapporte ainsi que " l’American Enterprise Institute estime à près de 125 milliards de dollars le montant des IDE (bruts) chinois dans le seul secteur des métaux non ferreux entre 2005 et 2021, soit près de la valeur actualisée du plan Marshall". Une vraie priorité qui s’accompagne de la construction d’une capacité de raffinage à nul égal ; "La Chine raffine ainsi 75 % du cobalt mondial, alors qu’elle n’en produit pas".
Les pays européens et les États-Unis tentent bien de réagir mais il leur est difficile de prétendre obtenir de sitôt un modèle aussi cohérent que celui développé par Pékin. GSA en veut pour preuve que " les conditions de réouverture de la mine de terres rares de Mountain Pass (Californie), longtemps la plus grande du monde, illustrent bien les limites de la tentative américaine de s’autonomiser". Il est rappelé d’une part que le groupe chinois Shenghe Resources "est actionnaire minoritaire de la société exploitante MP Materials", et d’autre part que " la totalité des minerais issus de Mountain Pass, soit 15 % de la production mondiale, sont expédiés en Chine pour raffinage ".
Le recyclage comme roue de secours
Confrontés à un retard conséquent, les Occidentaux et les Européens sont bien obligés de regarder les solutions de repli. Parmi ces dernières figure le recyclage de ces ressources, bel et bien identifié "comme pouvant contribuer à sécuriser son approvisionnement en matériaux critiques". GSA regrette à ce sujet que la "législation européenne sur le recyclage ne cible pas assez spécifiquement les minerais critiques". Il ne s’agit pas non plus d’une solution miraculeuse puisque "les activités de recyclage sont peu ou prou soumises aux mêmes contraintes environnementales et de coût de l’énergie que le raffinage".
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