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Macro-économie / Taux / Minerais / EY / France

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La course à l’armement dans le secteur minier est bien lancée / La France est en ordre de bataille

La récente publication d’EY concernant les risques et opportunités pour le secteur minier en 2024 vient de revenir sur les problématiques du secteur, tant pour les acteurs privés que public. Plus de 150 cadres et professionnels du secteur minier ont été interrogés à cet effet et décrivent tant une course au développement durable que des États qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements  
Mine. Emmet LIVINGSTONE / AFP
Mine. Emmet LIVINGSTONE / AFP

Il y a quelques semaines à peine, Emmanuel Macron, président de la République, appelait à la réalisation d’un grand inventaire des ressources minières du territoire français et ce à l’occasion du conseil de planification écologique qu’il avait réuni. Une illustration du lien étroit entre l’autonomie stratégique française et la nécessité d’accompagner la réalisation de la transition énergétique hexagonale. Christian Mion, EY Partner et EMEIA Mining Leader, a confié à WanSquare qu’une dynamique particulière était à l’œuvre puisque "comme l'on n’arrive pas actuellement à juguler le phénomène du réchauffement climatique, la réflexion se concentre sur comment cela va affecter la production dans les prochaines années ".

Dans les faits, "l’argent pour investir est là mais il y a une vraie problématique quant à la réflexion sur le long terme, cette dernière n’étant pas toujours effectuée", observe-t-il. Une bonne nouvelle pour la France cependant, qui est jugée "en avance sur le sujet par rapport à d’autres, notamment en matière de planification. Si l'on regarde, on a beaucoup d’initiatives en silo ailleurs. Or il est très important de dépasser cette logique pour voir où se trouvent les énergies et comment l'on peut travailler tant sur la demande que le recyclage", poursuit Christian Mion. Cependant la publication statue que si une reconnaissance plus large de l’importance des minéraux et des métaux produits de manière responsable pour la transition énergétique s’est opérée, cela n’empêche pas que l’accès au capital est qualifié pour le moment de "difficile".

 

En ordre dispersé

 

Il existerait ainsi aujourd’hui, selon la publication, "une nécessité d’assurer une grande discipline en matière de capital avant de s’engager dans la prochaine phase de croissance" et ce malgré des montants en forte hausse en glissement annuel ; les montants levés par le secteur du Nickel ont augmenté de 1 157 % entre janvier - juillet 2022 et 2023 et de 163 % en ce qui concerne le lithium. Une situation qui pourrait s’améliorer notamment pour deux raisons mises en avant dans la publication ; d’une part "la recherche de l’autosuffisance crée une pléthore d’incitations et de subventions vertes", et d’autre part il faut "s’attendre à une augmentation de la participation de l’État dans l’exploitation minière ainsi qu’à une augmentation des taxes, des redevances et des restrictions".

Ce qui ne se fait pas toujours en bon ordre, notamment aux États-Unis "où l’on observe encore un décalage entre les autorités publiques et le secteur privé", nous a confié Moez Ajmi, EY Partner, Energy & Resources Assurance Leader. Ce dernier juge également que les " États-Unis ont raté l’Afrique pour le moment, le département d’État travaille à se mettre en marche sur un continent où il ne possède pas les bons circuits actuellement ".

 

Centre du monde

 

Un continent sur lequel il est vital d’être positionné aujourd’hui. S’il y a bien un "endroit qui est sous exploré actuellement c’est l’Afrique, elle est en voie de reconstitution comme un acteur stratégique pour demain", argue à ce sujet Christian Mion. Notamment avec de nombreux pays sous explorés en terme géologique. Pour son collègue Moez Ajmi, il "faut qu’ils mettent à jour leurs richesses minières", tandis que, côté européen, "il faudra y aller dès que ce sera effectué ". Néanmoins la mobilité du travail sur le continent africain est encore imparfaite et pourrait empêcher les industries minières de prendre leur essor. Le Vieux continent pourra avoir quant à lui du mal à y jouer pleinement sa carte, chaque pays jouant sa propre partition, tandis que le Critical Raw Materials Act tarde à produire pleinement ses effets.

Du côté de chez EY, on souligne également l’importance pour le secteur privé de s’emparer de problématiques de long terme, notamment en 2024, avec "des mineurs [qui] seront soumis à une pression croissante pour faire davantage face au changement climatique, s’attaquer à une liste de plus en plus longue de questions ESG et construire une culture de la main-d’œuvre plus saine et plus attrayante". Christian Mion nous confie ainsi que "les entreprises qui adoptent un ensemble de stratégies, renforcent leur engagement auprès des communautés et des investisseurs et adoptent une vision globale des problèmes peuvent tirer parti de ces risques et soutenir la croissance en période d’instabilité". D’autant plus qu’il est probable que l’on va rester pendant des années dans un monde multi-énergies qui nécessitera une grande souplesse pour ces acteurs privés.

Notamment pour résoudre l'un des grands problèmes qui n’est pas seulement la rareté des métaux critiques mais un autre maillon faible qui est le besoin en capital humain qui est très fort. Christian Mion relevant qu’il existe de "vrais sujets sur des pays non matures industriellement parlant avec des goulots d’étranglement en termes de quantités et de qualités sur certains postes très techniques ".

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