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Macro-économie / Taux / Recyclage / AIE / Minerais

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Recyclage / AIE / Minerais

Le recyclage comme réponse aux besoins de minerais critiques / Une montée en gamme qui réduirait le coût de la transition énergétique

La croissance de l’offre minière de minerais critiques ne cesse de grimper, notamment pour répondre aux besoins induits par les technologies nécessaires à la transition énergétique. Ce qui n’est pas sans entraîner des tensions sur l’approvisionnement. L’Agence internationale de l’énergie imagine la filière du recyclage comme une opportunité pour limiter le phénomène. Le scénario dessiné évoque des investissements miniers 30 % plus importants si cette voie n’est pas empruntée.
Usine de recyclage de batteries en Allemagne. Photo by ULI DECK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP.
Usine de recyclage de batteries en Allemagne. Photo by ULI DECK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP.

Investir mieux pour investir moins. Choisir d’intensifier le recyclage des minerais critiques est certes un choix pertinent à plus d’un titre pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Néanmoins la question du coût prédomine dans l’argumentaire de l’institution. Les calculs effectués par ses soins font état d’une "croissance de l’offre minière de nouveaux minerais critiques [qui] pourrait être réduite de 25 à 40 % d’ici le milieu du siècle en augmentant le recyclage ".

Les effets produits seraient bien différents selon les filières, la réduction des besoins de développement de nouvelles mines serait ainsi certes de 40 % pour le cuivre mais elle ne serait que de 25 % pour le lithium et le nickel sur la période. Le seul sujet de la baisse des investissements à consentir n’est néanmoins pas la seule façon dont l’AIE compte convaincre les investisseurs.

 

Serpent de mer

 

L’institution dirigée par Fatih Birol appelle en effet régulièrement le secteur privé à se joindre plus largement aux efforts consentis par le secteur public. Afin de les persuader un peu plus de mettre la main à la poche, il leur est présenté un marché juteux. L’historique du marché des métaux recyclés pour batteries est ainsi agité avec une multiplication par 11 en moins d’une décennie, certes il était alors à ses balbutiements pourtant le futur est prometteur assure l’AIE.

Cette dernière s’est en effet prêtée à l’exercice du calcul de la valeur marchande du recyclage des minéraux critiques, dans l’hypothèse où les politiques annoncées et existantes se concrétisent, et est parvenue à un total de 200 milliards de dollars d’ici à 2050. Le directeur exécutif de l’agence a été très clair sur la question, arguant que "nous devons développer un marché mature du recyclage pour le rendre attrayant et facilement accessible". Ses équipes n’en oublient pas pour autant de présenter la question sous un jour favorable pour les États, puisque si la Chine tire son épingle du jeu sur la question pour l’heure il s’avère qu’en "Europe et aux États-Unis, la capacité de recyclage annoncée ne couvrira que 30 % des matières premières d’ici 2040. C’est plus qu’en Inde, où la couverture en 2040 n’est que de 10 % ".

 

Souverain

 

Il n’y a pas besoin pour eux de se livrer à un grand discours pour exposer l’intérêt de réduire sa dépendance aux importations, tant l’épisode du Covid a douloureusement montré les faiblesses de nombreux États à commencer par ceux européens. Nul doute que ces derniers sont évoqués lorsqu’il est question d’avantages en matière de sécurité, qui "peuvent être plus importants dans les régions aux ressources minérales limitées et au déploiement substantiel d’énergie propre".

Une tentation est également évoquée, celle d’effectuer uniquement le constat que la capacité de recyclage dépasse actuellement la quantité de matières premières disponibles pour être traitée. Ce paradigme pourrait vite être de l’histoire ancienne étant donné que de nombreuses installations de technologies énergétiques propres et de véhicules électriques arriveront en fin de vie, à compter de 2030. Des choix politiques sont nécessaires pour avoir une montée en gamme progressive des équipements, Une plus grande clarté est réclamée par l’agence, celle-ci regrettant que " l’absence de réglementations claires et à long terme, notamment de règles d’exportation pour les batteries et les véhicules électriques usagés", créent des obstacles à l’investissement.

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