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Chine; États-Unis; souveraineté

Macro-économie / Taux / Batteries électriques / Recyclage / France

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Batteries électriques / Recyclage / France

La France a tout intérêt à maîtriser la chaîne de valeurs des batteries électriques / Le potentiel de la filière du recyclage est prometteur

L’Europe cherche depuis de longues années à construire sa propre industrie de la batterie électrique, afin d’assurer sa souveraineté. L’institut Montaigne vient de publier une note catégorisant le sujet du recyclage comme un atout énergétique à valoriser. Les importantes économies qui seraient permises sont tout particulièrement mises en avant.
Véhicule électrique en train de charger. LEON NEAL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Véhicule électrique en train de charger. LEON NEAL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

La transition énergétique sera gourmande en ressources minières ou ne sera pas. Ce constat martelé avec force par l’institut Montaigne, dans sa note consacrée à la filière du recyclage des batteries électriques, est chiffré et donne une idée de l’ampleur de la tâche à accomplir. Les besoins induits par la mobilité électrique devraient faire que le Vieux continent ait besoin " de 60 fois plus de lithium, et 15 fois plus de cobalt d’ici 2050".

L’industrie de recyclage des batteries à l’échelle mondiale est qualifiée "d’encore naissante ", ce qui explique l’opportunité à saisir pour la France et ses partenaires européens. Travailler à développer cette capacité peut lui permettre de voir la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques "se structurer [sur] un modèle circulaire plutôt que linéaire ".

L’Hexagone aurait tort de ne pas se saisir du sujet et ce d’autant plus qu’aux injonctions économiques, vont bientôt s’ajouter celles d’ordre législatif. La Commission européenne fixant une montée en gamme de l’efficacité du recyclage : il est rapporté que " la récupération des matériaux actifs de la cathode (cobalt, nickel) devra atteindre de 90 % en 2027 puis 95 % en 2031 et celle du lithium doit atteindre les 50 % en 2027 puis les 80 % en 2031".

Une date à laquelle arrivera l’obligation pour les batteries vendues de comporter 6 % de lithium et de nickel issus du recyclage, ainsi que 16 % en ce qui concerne le Cobalt. Des taux devant passer respectivement à 12 %, 15 % et 26 % en 2035. Les investissements dans la filière deviennent dès lors essentiels et ce d’autant plus qu’il est avancé que de "leur côté, les acteurs chinois, à commencer par CATL, ont annoncé de larges plans d’expansion des capacités de recyclage de batterie ".

 

Le même panier

 

Pour les équipes de l’institut, il n’est pas pour autant question de croire en l’utopie d’une "circularité parfaite du modèle de recyclage [qui] ne sera jamais atteinte puisqu’il subsiste un taux de perte naturel dû à la dégradation". Une affirmation qui soulève la question de l’extraction minière, qu’elle soit sur le sol national ou non. Les craintes environnementales de l’exploitation des ressources sur le sol hexagonal étant difficiles à éluder. La possibilité d’acquisition d’installations minières à l’étranger n’est donc pas à écarter et la publication rappelle que le "fonds Métaux, annoncé par le Gouvernement au mois de mai 2023 dans le cadre de France 2030 et abondé à hauteur de 500 millions d’euros, a fixé ces acquisitions comme l’un de ses objectifs ".

La maturité de l’industrie devrait également se faire attendre, puisque c’est uniquement " lorsque les premières générations de batteries arriveront en fin de vie, vers 2030, que le volume des rebuts recyclés deviendra comparativement moins important, et que pourra se développer un marché de masse européen". L’enjeu actuel est donc davantage d’obtenir un avantage concurrentiel à cet horizon plutôt que d’arriver à déployer ces technologies à très court terme.

 

Faux départ

 

Une temporalité qui ne doit pas pour autant inciter à l’attentisme, les autres puissances économiques de premier plan étant déjà en ordre de bataille. Notamment la Chine, puisque la dépendance à son égard se joue principalement "sur les capacités de traitement des métaux – in fine sur les produits transformés – et la maîtrise de la chaîne de valeur plutôt que sur ses réserves naturelles, contrairement à une croyance bien tenace". Du côté de Washington on dispose de l’Inflation Réduction Act, ce dernier déployant " 370 milliards de dollars de crédits d’impôts et fonds en direction des technologies pour la décarbonation". Un outil qui via "la mobilisation potentielle de capitaux privés, de financements directs et indirects leur assure une force de frappe financière sans commune mesure avec celle de l’Europe".

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