Macro-économie / Taux / Livret A / Taux / Inflation / taux d'intérêt
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Livret A / Taux / Inflation / taux d'intérêt
Quelle revalorisation pour le taux du Livret A ? / La formule pourrait (encore) ne pas être appliquée
Les spéculations vont bon train quant au futur rendement du livret A. Alors que le taux du placement préféré des Français (399,9 milliards d’euros d’encours en mai 2023) s’établit à 3 % depuis février dernier, il devrait, selon toute vraisemblance, bénéficier d’une revalorisation mi- juillet, revalorisation qui s’appliquera à compter du 1er août. Pour mémoire, la fixation du taux est fonction d’une formule que calcule chaque semestre la Banque de France.
Rappelons que cette formule indique que le taux du livret A dépend de la moyenne entre le taux interbancaire de la zone Euro (€ster) et le glissement annuel moyen de l’indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac sur les six derniers mois. Une fois le calcul effectué, la Banque de France dispose, en cas de circonstances exceptionnelles, d’une marge de manœuvre dans sa recommandation Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances.
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a invoqué ce motif en janvier pour recommander un taux plus faible que celui résultant de la formule et l’an passé pour recommander un taux plus élevé que celui issu de la formule. Bruno Le Maire a ensuite le dernier mot et peut faire le choix de suivre ou non la proposition du banquier central.
Déroger à la formule ?
Au regard du comportement des prix à la consommation ces six derniers mois (le chiffre d’inflation définitif de juin ne sera connu qu’à la mi-juillet) ainsi que des taux d’intérêt, la formule devrait faire ressortir un taux aux alentours de 4 %.
Oui mais voilà, François Villeroy de Galhau pourrait de nouveau recommander de ne pas suivre la formule. "Une hausse d’un point du taux du Livret A générerait un surcoût non négligeable pour les établissements financiers (4 milliards d’euros sur un an), pour les bailleurs sociaux ainsi que pour les collectivités locales ou les PME qui empruntent à partir des ressources issues du Livret A ou du LDDS", rappelle le Cercle de l’épargne, qui explique qu’en conséquence "les banques pourraient être amenées à répercuter le surcoût de la hausse du taux sur les emprunts". Il convient de noter que c’est l’un des arguments que le grand argentier avait mobilisés en début d’année.
Plus largement, " l’inflation étant orientée à la baisse, une hausse importante pourrait apparaître en décalage par rapport à la tendance à venir [elle devrait passer de 4,5 % sur un an en juin à 4,4 % en décembre d’après l’Insee, ndlr]. Le gouvernement pourrait être contraint d’opérer une baisse significative du taux de rendement d’ici quelques mois, ce qui serait impopulaire".
Tant et si bien que "le ministre de l’Économie pourrait retenir le taux de 3,5 %, un taux à mi-chemin entre celui actuellement en vigueur et celui résultant de l’application de la formule", analyse le Cercle de l’épargne.
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