Macro-économie / Taux / Autorité des Marchés Financiers / taux d'intérêt / cartographie / risques / Dette
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Autorité des Marchés Financiers / taux d'intérêt / cartographie / risques / Dette
Les risques de crédit et de refinancement inquiètent l’AMF / Elle les juge très élevés et en passe de croître
La capacité des acteurs financiers à s’adapter au nouvel environnement de taux d’intérêt s’annonce cruciale. C’est l’un des constats que l’on peut dresser à la lecture de la cartographie 2023 des marchés et des risques publiée par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le gendarme boursier juge que le risque de crédit, le risque de refinancement, ainsi que la soutenabilité de la charge de la dette sont des problématiques associées à un risque "très élevé" et qui s’affiche en hausse quand l’on s’intéresse aux perspectives 2024.
En cause ? La forte augmentation de la remontée des taux d’intérêt liée à la normalisation puis au durcissement des politiques monétaires des Banques centrales (taux d’intérêt directeurs relevés de 500 points de base aux Etats-Unis et de 400 points de base en zone euro). "L’augmentation des taux d’intérêt et le ralentissement économique à l’œuvre contribuent à la dégradation de la qualité de crédit corporate, en particulier dans le secteur de l’immobilier commercial, et des entreprises fortement endettées ", explique ainsi l’AMF.
Elle ajoute que sur le marché des obligations à haut rendement (les entreprises émettrices les moins bien notées) "si la majeure partie des besoins de refinancement se situent au-delà de 2025, le maintien des coûts de financement à des niveaux durablement élevés est susceptible de peser sur la capacité des emprunteurs à assurer le service de la dette ".
A ce propos une note de l’agence de notation S & P Global Ratings parue mi-mai indique que "le taux de défaut des entreprises classées en catégorie spéculative pourrait atteindre 3,6 % en Europe d’ici mars 2024 (contre 2,8 % en mars 2023), voire plus de 5 % selon les hypothèses les plus défavorables", lit-on dans le rapport de l’AMF.
L’organisme public a également pris le soin de mentionner la situation à laquelle sont confrontées les Etats.
Leurs besoins de financement demeurent relativement importants (les aides aux ménages et entreprises pour atténuer la crise énergétique pèsent tandis que les recettes ne progressent pas à un rythme soutenu compte tenu du ralentissement économique). Or ceci se déroule dans un contexte où "du fait de la réduction de la taille du bilan des banques centrales, le surcroît d’émissions devra être absorbé par les agents privés et, dans un contexte de liquidité dégradée, la baisse de la demande de titres souverains par les banques centrales pourrait peser sur les coûts d’emprunt".
Pour mémoire, dans le cadre de leur lutte contre l’inflation, la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d’Angleterre (BoE) ne renouvellent pas le stock d’obligations publiques arrivant à échéance dans leur portefeuille ; tandis que la Banque centrale européenne (BCE), elle, ne le renouvelle pas seulement dans le cadre de son programme d’achats d’actifs traditionnel (APP), les tombées du portefeuille de son programme d’achat d’actifs lié à la pandémie (PEPP), continuant, elles, d’être réinvesties.
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