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La croissance chinoise perd de l’altitude / Le rebond post-Covid a fait long feu
La Chine a vu son économie lever le pied au printemps. Entre avril et juin, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Empire du Milieu a progressé de 3,2 % en rythme annualisé contre 9,1 % lors du trimestre précédent, montrent les données publiées par le Bureau national des statistiques (BNS). "L’économie nationale a montré une bonne dynamique de reprise", indiquent les économistes du BNS.
Cet important ralentissement de l’économie chinoise s’explique par le fait que le premier trimestre a bénéficié à plein du desserrement des mesures prophylactiques annoncées mi-décembre. "Enfin libérés du carcan sanitaire, les consommateurs allaient prendre leur revanche ! C’est ce que l’on a constaté dans un premier temps", analysent Bruno Cavalier et Fabien Bossy, économistes chez Oddo BHF.
Reste que le deuxième trimestre "est décourageant : l’économie a commencé le trimestre avec beaucoup de capacités inutilisées et l’a terminé avec encore plus de capacités inutilisées", estime Sheana Yue, économiste au sein de Capital Economics, qui avance que les dernières informations disponibles quant à l’état de la deuxième économie mondiale sont loin d’être rassurantes.
En outre, "bien que le taux de chômage reste faible par rapport à la plupart des années précédentes, il a continué à augmenter en juin et laisse présager un nouveau ralentissement du marché du travail. Il est particulièrement préoccupant de constater que le taux de chômage des jeunes a atteint le niveau record de 19,7 %", souligne l’économiste. Cela n’aide pas la consommation des ménages alors que les ventes au détail ont augmenté de 3,5 % sur un an en juin contre 12,7 % en mai.
Face à cette dégradation de la situation économique, l’exécutif chinois est plutôt resté en retrait. Certes, la Banque populaire de Chine (PBoC) a mis en place des mesures d’assouplissement monétaire mais aux yeux de beaucoup d’observateurs, elles apparaissent insuffisantes.
"L’absence de réduction du taux d’intérêt sur les prêts à moyen terme reconduits plus tôt dans la journée suggère que les décideurs politiques ne sont pas pressés d’apporter un soutien supplémentaire", note Sheana Yue, qui juge qu’à l’avenir, "il est peu probable qu’une augmentation substantielle de l’aide soit apportée - nous ne prévoyons qu’une nouvelle réduction de 10 points de base des taux directeurs et une réduction de 50 points de base des réserves obligatoires pendant le reste de l’année, ainsi qu’un soutien budgétaire supplémentaire".
Pour l’instant, aucun plan de relance budgétaire d’ampleur, le seul à même de soutenir la demande des consommateurs, ne semble à l’ordre du jour. "Des signes indiquent qu’une réflexion officielle sur la restructuration de la dette des gouvernements locaux est en cours, ce qui est une évolution positive, mais cela ne sauvera pas la croissance à court terme", font valoir Wei Yao et Michelle Lam, économistes chez Société Générale CIB.
Rappelons que le gouvernement chinois a pour objectif une croissance de 5 % du PIB cette année. "Vu l’effet d’acquis, la cible officielle de croissance pour 2023 […] est toujours jouable mais son niveau était peu ambitieux ", avance-t-on chez Oddo BHF.
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