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Dette / Taux d'endettement / Entreprises françaises

Jamais les entreprises n’ont été aussi endettées / Une hausse des taux d’intérêt qui appelle à la prudence

En juin 2023, la dette nette des entreprises au niveau mondial a atteint un record d’après une étude du gestionnaire d’actifs Janus Henderson qui prévoit cependant un changement stratégique de la part des entreprises en raison de la hausse des charges d’emprunts due aux taux d’intérêt.    
Verizon ( Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Verizon ( Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que pour la première fois depuis 2014, date à laquelle le gestionnaire d’actifs Janus Henderson a commencé à publier son indice annuel, la dette nette des entreprises dans le monde avait diminué entre juin 2021 et juin 2022 pour atteindre les 7 345 milliards de dollars, celle-ci est fortement repartie à la hausse entre 2022 et 2023.

En effet, si le gestionnaire d’actifs pensait à l’époque que cette baisse pouvait devenir durable, les entreprises mondiales ont contracté sur l’année écoulée 456 milliards de nouvelles dettes nettes, soit un encours total à un niveau record de 7 802 milliards de dollars (+6,2 % à taux de change constant). Une hausse qui tient toutefois pour beaucoup, selon le gestionnaire d’actifs, à la baisse de la trésorerie de grands groupes comme Alphabet et Meta qui ont repris leurs investissements.

 

S’endetter pour investir

 

Aux Etats-Unis, où les entreprises ont toujours été les plus enclines à recourir à la dette, l’augmentation est de 8,7 % soit un niveau record de 3 660 milliards de dollars, supérieur à la moyenne mondiale. A noter que l’entreprise de télécommunications, Verizon, est devenue la première société non financière la plus endettée au monde sur la période. En outre, cinq grands groupes, Amazon, Warner Bris Discovery, Alphabet, Microsoft et Meta sont à l’origine de la moitié de l’augmentation de l’endettement net des entreprises américaines, " en complétant leurs flux de trésorerie soit en réduisant leurs liquidités, soit en contractant de nouvelles dettes afin de financer des investissements, des acquisitions, des dividendes et des rachats d’actions ", explique Janus Henderson.

 

L’Allemagne en deuxième position au niveau mondial

 

A l’inverse, en Europe (hors Royaume-Uni), l’endettement net des entreprises a chuté de 5,4 % sur un an à 1 779 milliards de dollars. Cependant, des disparités existent selon les pays. Les entreprises allemandes représentent ainsi la deuxième plus grande part de l’endettement net mondial, après les États-Unis, en raison de la forte intensité capitalistique d’une grande partie de l’industrie du pays. "Les encours ont diminué de 2,0 % à taux de change constants, pour atteindre 708 milliards de dollars en 2022-2023, principalement sous l’effet des secteurs automobile, des services aux collectivités et de la santé. Moins de la moitié des entreprises allemandes ont augmenté leur endettement sur l’exercice. A 84,6 %, le ratio d’endettement net de l’Allemagne est le deuxième plus élevé des grandes économies après celui de l’Espagne", observe le gestionnaire d’actifs.

 

Une frilosité française

 

Les entreprises françaises se situent quant à elles à la sixième place du classement mondial avec une dette nette de 333 milliards de dollars, représentant 20 % de l’endettement net en Europe. "Elles n’ont emprunté que 1,2 % de plus sur l’exercice 2022- 2023, à taux de change constants, et seulement un tiers d’entre elles (36 %) ont augmenté leur encours de crédit. Nul doute que la hausse des taux d’intérêt les a dissuadées de contracter de nouveaux emprunts. Le coût du financement de la dette des entreprises françaises a augmenté de 19,9 % en 2022-2023, la hausse des taux d’intérêt pesant sur les bénéfices des entreprises. Néanmoins, leur rentabilité est restée proche des niveaux exceptionnels de 2021-2022, ce qui leur a permis de renforcer leurs fonds propres malgré des dividendes et des rachats d’actions importants dans ce pays. Le ratio d’endettement net global de la France est ainsi tombé à 42,7 %, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne mondiale ", relève Janus Henderson.

 

Remboursement en vue

 

Une hausse des taux d’intérêt qui, si elle n’a pas eu encore d’impact significatif sur les charges d’intérêts auxquelles sont confrontées la plupart des grandes entreprises dans le monde, devrait néanmoins commencer à freiner la propension à recourir à la dette, selon le gestionnaire d’actifs qui s’attend à une diminution de 1,9 % de la dette nette cette année au niveau mondial, pour s’établir à 7650 milliards de dollars. "La hausse des charges d’emprunt et le ralentissement de l’activité économique impliquent que les entreprises chercheront à rembourser une partie de leurs dettes, bien qu’il y ait des variations importantes entre les différents secteurs et entre les entreprises les plus solides et les plus faibles ", prédit-t-il.

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