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La feuille de route s’exécute chez Orange / Entre stratégie de valeur et augmentation des liquidités
Il était anticipé par la direction d’Orange que les augmentations de tarifs se feraient mieux reconnaître au cours de l’année. Et de fait, comme en témoigne la publication de ses résultats du premier semestre, l’opérateur historique commence à tirer les bénéfices de sa stratégie de valeur. Sur les six premiers mois de l’exercice 2023, le groupe dirigé par Christel Heydemann a enregistré une croissance de 2 % de ses revenus, à 21,5 milliards d’euros.
Une accélération qui a particulièrement été portée par la performance des services de détail (en hausse de 3,6 % sur le semestre), donc soutenue par une augmentation des prix. "Les effets se feront pleinement ressentir au deuxième semestre en France", a expliqué la dirigeante à l’occasion d’une conférence de presse. En effet, dans certaines zones d’activités comme dans l’Hexagone, les hausses de prix prennent davantage de temps à se matérialiser dans la croissance, au regard des délais légaux qui ont décalé l’entrée en vigueur des augmentations tarifaires après les notifications faites aux clients.
"L’impact de ces augmentations dans nos comptes a débuté à la fin du mois de mars pour certains de nos clients mais l’effet total a été intégré au mois de mai. Nous n’avons donc que deux mois qui reflètent ces hausses de prix", a ainsi expliqué Christel Heydemann.
Ces augmentations tarifaires, sur l’ensemble de l’activité, seront toutefois venues compenser la décroissance des revenus des services aux opérateurs (en recul de près de 5,9 % au premier semestre), liée notamment à la fermeture progressive de réseau de cuivre d’Orange. Les ventes d’équipements se sont quant à elles appréciées de 8 %.
Le poids de l'énergie
L’excédent brut d’exploitation après loyers (Ebitdaal, principal indicateur de rentabilité du numéro un français des télécommunications) est de son côté resté quasi stable. En hausse de 0,8 % sur les six premiers mois de l’exercice 2023, il a atteint près de 6 milliards d’euros.
A nouveau, toutes les géographies ne sont pas logées à la même enseigne : l’Afrique et le Moyen-Orient ont par exemple bondi de 12 %, l’Espagne de 11 %, tandis que la France s’affiche en repli de 5,1 %. "Les deux-tiers de la baisse de l’Ebitdaal proviennent de la hausse des prix de l’énergie. Ce sont des coûts que nous avions anticipés puisque nous sommes couverts. Mais cela nous a tout de même pénalisés", a justifié Christel Heydemann.
"Notre discipline en matière de coûts est cruciale", a par ailleurs souligné Jean-Michel Thibaud, directeur exécutif finance, performance et développement du groupe par intérim. Avec 175 millions d’euros d’économies nettes réalisées à fin juin, l’opérateur reste ainsi aligné sur sa trajectoire souhaitée à horizon 2025. En effet, près de 30 % de l'objectif d'économies fixé dans la feuille de route "Lead the future" a ainsi d'ores et déjà été atteint.
Les bénéfices du groupe ont, en revanche, nettement marqué le pas. Le résultat net de l’ensemble consolidé s’affiche en recul de près de 26 % en variation en données historiques, à un peu plus d’un milliard d’euros. Ce qui résulte, explique Orange, de l’évolution du résultat d’exploitation. Celui-ci est ressorti à 2,1 milliards d’euros au titre des six premiers mois de l’année (en baisse de 11,2 %).
Effet retraites
En effet, la promulgation de la réforme des retraites, au mois d’avril, aura poussé le groupe a comptabilisé un complément de provision de 257 millions d’euros lié aux dispositifs de Temps Partiels Séniors (TPS) mis en place. "La nouvelle provision reflète l’allongement du temps de travail", a souligné la directrice générale.
Pour le reste, Orange reste toujours concentré sur son plan stratégique : comme prévu, les eCapex se réduisent (de 5,7 % sur le semestre) et le cash-flow organique s’accroit (de 2,2 %). "Notre forte position de liquidités est un atout crucial dans l’environnement que nous connaissons", s’est félicité le directeur exécutif financier.
Et si la dette nette s’est appréciée de près de 2 milliards d’euros depuis le 31 décembre 2022, c’est en raison de l’acquisition de VOO, en Belgique, consolidée dans les comptes depuis le mois de juin. Dans sa logique de consolidation, Orange attend également le feu vert de la Commission européenne pour son rapprochement avec MasMovil en Espagne. L’examen est entré dans sa seconde phase et l’opérateur envisage ainsi que la finalisation du projet de co-entreprise sera réalisée au second semestre.
Pour le reste de l’année, justement, la direction anticipe que la croissance des services de détail s’accélérera d’autant plus. Pour ce faire, Orange pourra entre autres compter sur le lancement de son offre de forfait 5G chez Sosh, l’une de ses marques.
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