Macro-économie / Taux / taux d'intérêt / Banque centrale européenne / Inflation
Macro-économie / Taux
taux d'intérêt / Banque centrale européenne / Inflation
Taux d’intérêt : la BCE se met dans les mains des données / Cette fois, Christine Lagarde n’a pas laissé filer d’indice
Signe que le cycle de resserrement monétaire entre dans une nouvelle phase, les banquiers centraux ont cessé de donner des indications quant à la trajectoire probable des taux d’intérêt directeurs, que ce soit outre-Atlantique ou sur le Vieux continent. Après Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, hier soir, c’est cet après-midi Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), qui n’a pas laissé filer le moindre indice quant au fait que la BCE allait de nouveau augmenter ou non ses taux d’intérêt directeurs lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs.
Tandis que le taux d’intérêt de la facilité de dépôt, le taux directeur le plus important de la BCE en ce moment car il est celui sur lequel s’ancrent les marchés monétaires en cette période d’excédent de liquidités massif, a été relevé de 425 points de base depuis un an, il apparaît impossible de dire s’il a connu sa dernière augmentation aujourd’hui (25 points de base).
Alors qu’à la suite des précédentes hausses de taux d’intérêt, Christine Lagarde n’hésitait pas à dire qu’il restait du "chemin à parcourir" pour atteindre le taux terminal, elle s’est vertement refusée à employer ce terme lors de la conférence de cet après-midi.
Le diable est dans les détails
Il faut dire qu’un verbe a été modifié dans une phrase particulièrement importante du communiqué de la BCE. Auparavant il était indiqué que "les futures décisions du Conseil des gouverneurs feront en sorte que les taux d’intérêt directeurs de la BCE soient portés à des niveaux suffisamment restrictifs, aussi longtemps que nécessaire, pour assurer un retour au plus tôt de l’inflation au niveau de notre objectif de 2 % à moyen terme".
Or, le Conseil des gouverneurs prévient désormais que ses futures décisions feront en sorte que les taux d’intérêt directeurs soient "fixés" à des niveaux suffisamment restrictifs (en anglais, le terme brought a été remplacé par set).
"Ce léger changement ne doit évidemment rien au hasard", a reconnu Christine Lagarde. "Il est fondé sur notre détermination d’être dépendants des données", a-t-elle ajouté. Plus précisément, la grande argentière a déclaré que "notre évaluation des données nous dira si oui ou non et dans quelle proportion il nous reste du chemin à parcourir".
Navigation à vue
La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs aura lieu le 14 septembre et Christine Lagarde a averti que ce qui y sera décidé n’aura rien de définitif, en ce sens qu’une décision différente pourra être prise lors des réunions suivantes. Comprendre : ne pas augmenter les taux d’intérêt en septembre ne signifie pas qu’ils ne seront pas augmentés par la suite.
Rappelons que la réunion du 27 juillet représente la neuvième réunion consécutive lors de laquelle le Conseil des gouverneurs relève les taux d’intérêt directeurs. "Ce que je peux vous assurer cependant c’est que nous ne baisserons pas les taux d’intérêt", a lancé la Française.
Interrogée sur ces fameuses données qui guident le Conseil des gouverneurs pour conduire son diagnostic sur l’évolution des prix à la consommation (+ 5,5 % sur un an en juin), Christine Lagarde a répondu qu’en plus d’analyser en profondeur celles concernant l’inflation et sa dimension sous-jacente qui vont paraître dans les mois à venir, le Conseil des gouverneurs tiendra compte des prévisions d’inflation de l’Eurosystème (l’horizon est 2025), des chiffres du marché du travail (le taux de chômage est au plus bas historique) ou encore de ceux de l’investissement.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

