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Moody's / Renault / Notation
Renault au premier rang de la catégorie spéculative / Moody’s souligne à son tour les progrès
Les effets démultipliés du plan Renaulution ne passent pas inaperçus, que ce soit en Bourse, où l’action du constructeur au losange figure parmi les plus fortes hausses du CAC 40 depuis le début de l’année, ou auprès des agences de notation. Le relèvement mercredi par Moody’s de sa note de long terme sur le groupe de "Ba2" à "Ba1" illustre bien où se situe l’entreprise dans sa trajectoire de redressement.
La note "Ba1" est en effet la meilleure de la catégorie spéculative ("non-investment grade" ou "high yield") dans la classification de l’agence fondée en 1909 par John Moody. Ce faisant, celle-ci rejoint la démarche des deux autres plus grandes agences, Standard & Poor’s et Fitch, qui ont déjà relevé en début d’année leur note sur le constructeur au plus haut niveau "non-investment grade" de leur propre référentiel, soit "BB + ". Il faut se souvenir que le groupe était brutalement tombé dans cette catégorie spéculative au début de l’année 2020 sous l’effet de la chute des ventes provoquée par la pandémie après une année 2019 déjà difficile marquée par le scandale de l’arrestation de Carlos Ghosn, son ancien PDG.
Aux yeux des experts de la notation, Renault est ainsi en train de passer du statut d’entreprise convalescente à celui de groupe qui se relance rapidement avec des finances qui se rétablissent tout aussi vite. D’importants progrès dont témoignent les derniers résultats semestriels publiés il y a quelques jours, avec un chiffre d’affaires automobile (hors activité de financement des ventes) en hausse de 27 %, à 24,85 milliards d’euros, soit plus que le chiffre d’affaires de la même période de 2019 (hors l’ex filiale russe AvtoVAZ). Une performance liée à la fois à la progression des volumes (+13,2 %), à l’effet prix (+8,8 points) et à l’effet mix (+3,5 points). Ce qui a permis à la marge de ces mêmes activités automobiles de monter en flèche à un niveau historiquement élevé de 6,2 % au premier semestre 2023, au lieu de 2,1 % à la même période de l’an dernier.
Effets prix et mix
"L’amélioration de la marge de Renault a été tirée par des effets prix et mix, qui ont surcompensé les hausses de coûts, notamment pour les matières premières. Les effets de mix découlent de la croissance des ventes due aux lancements récents de modèles dans les segments supérieurs et à la demande des clients pour des finitions plus élevées ", observe ainsi Moody’s. Depuis plusieurs mois, la stratégie de valeur mise en place par Luca de Meo, le directeur général du groupe, se trouve en effet considérablement amplifiée par l’offensive produits du constructeur, qui tire ses volumes.
Ces bons résultats opérationnels viennent aussi gonfler le free cash-flow de l’entreprise, qui s’est élevé à 1,78 milliard d’euros au premier semestre, lui permettant de réduire sa dette, y compris le remboursement intégral par anticipation du prêt garanti par l’État français. Et ce, sachant que le groupe a justement relevé fin juin son objectif de free cash-flow pour 2023 à 2,5 milliards d’euros, au lieu de 2 milliards d’euros attendu précédemment.
Selon Moody’s, le ratio d’endettement ou levier financier (dette sur excédent brut d’exploitation) de Renault devrait ainsi revenir à environ trois fois à fin 2023, nettement en dessous du ratio de 4,3 fois de fin 2022.
Pour l’agence, qui a assorti sa nouvelle notation d’une perspective stable, le retour de Renault à la catégorie d’investissement ne semble toutefois pas envisageable dans l’immédiat. Moody’s pointe il est vrai " l’historique de rentabilité très faible" du groupe, "qui n’a retrouvé que récemment des niveaux en adéquation avec une notation ‘Ba1’", ainsi que sa forte exposition à l’Europe qui représentait plus de 70 % des ventes du groupe au premier semestre 2023. Quant à l’alliance récemment reconfigurée de Renault avec Nissan et Mitsubishi, elle ne constitue plus qu’un atout très relatif du fait de "son niveau d’intégration limité ".
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