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Macro-économie / Taux / Commerce extérieur / France / prix de l'énergie

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Commerce extérieur / France / prix de l'énergie

France : un déficit massif des comptes extérieurs en repli / C’est avant tout une histoire énergétique

Après avoir affiché un solde déficitaire de près de 40 milliards d’euros au second semestre 2022, la balance courante (échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) de l’Hexagone a, sous l’effet du reflux des prix des hydrocarbures, vu ce montant être divisé par quatre au cours des six premiers mois de l’année 2023.
Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Si elle est reste très loin d’être idyllique, la situation du commerce extérieur hexagonal s’améliore quelque peu. Le déficit de la balance des transactions courantes (composante de la balance des paiements qui retrace les échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) de la France s’est établi à 9,6 milliards d’euros au cours du premier semestre 2023.

Rappelons que ce chiffre atteignait près de 40 milliards d’euros lors du semestre précédent. "Nous sommes sur la bonne voie. Osons nous réjouir des signaux positifs qui émanent à mi-année de nos échanges de biens, de revenus et de services, en dépit d’un contexte international peu porteur", s’est félicité Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur.

 

Le reflux des prix de l’énergie aide (beaucoup)

 

Tout s’est joué du côté de la balance commerciale. Cet indicateur qui représente la différence entre les exportations et les importations de biens s’affichait en déficit de 89 milliards d’euros lors du second semestre 2022. En cause ? L’envolée du prix des énergies fossiles (gaz et pétrole) que la France importe liée au déclenchement de la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

Le ralentissement de l’économie mondiale couplé à l’atténuation des tensions affectant l’offre sur ces marchés a entraîné un effondrement de leur prix, ce pour le plus grand bonheur de la balance commerciale de la France. Durant le premier semestre 2023, la facture énergétique française a diminué de 30 milliards d’euros expliquant ainsi de fait environ 90 % de la résorption du déficit de la balance commerciale (il est désormais de 54 milliards d’euros).

En outre, le déficit semestriel hors énergie et matériel militaire diminue de 7 milliards d’euros pour s’établir à -30 milliards d’euros (le vrai problème de la France en matière de commerce extérieur, ce déficit étant structurel et fondamentalement non justifiable). "Cette tendance est portée par la hausse des exportations dans plusieurs secteurs : le secteur aéronautique (+12 %), dont l’excédent se rapproche de son niveau record du premier semestre 2019 (+16 Md€) ; le secteur automobile (+8 %), porté notamment par les véhicules électriques et hybrides ; les parfums et cosmétiques (+7 %) ; le secteur textile (+3 %)", indique le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

Services et revenus ne déméritent pas

 

Pour le reste des performances à l’exportation, les services ont encore fait très bonne figure, après qu’ils ont enregistré un excédent record en 2022, avec un solde excédentaire de 20 milliards d’euros. "Deux secteurs se distinguent par leurs bons résultats : le secteur des voyages, avec un excédent de 11 milliards d’euros ; les services financiers, dont le solde, en augmentation depuis 2020, atteint un nouveau record (+ 6 milliards d’euros)", précise le ministère.

Enfin concernant la balance des revenus (la différence entre les revenus des salariés français travaillant à l’étranger et les rémunérations des résidents étrangers travaillant en France, même chose pour les flux de dividendes et d’intérêts avec le reste du monde), le solde se maintient à près de 14 milliards d’euros. Il est tiré par la hausse des revenus des investissements directs étrangers (+3,4 Md€), qui provient des bons résultats des entreprises françaises implantées à l’international. "C’est la preuve que notre modèle d’internationalisation, qui repose en partie sur l’implantation de filiales françaises à l’étranger, fonctionne", estime Olivier Becht.

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