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Les entreprises européennes sont proches du point bas de cycle / Mais 2024 se présente de plus en plus comme un défi
Des bénéfices meilleurs qu’attendu, tout à la fois proches de leurs records historiques et probablement aussi de leurs points bas. C’est le bilan paradoxal en apparence de la saison des résultats du deuxième trimestre 2023 en Europe.
L’évolution du bénéfice par action au deuxième trimestre des entreprises membres de l’indice Stoxx Europe 600, regroupant les plus grandes entreprises cotées du continent, a été la plus négative en glissement annuel depuis 2020, avec une baisse de 4,1%.
Le diagnostic est certes à nuancer au regard des différents secteurs. Si l’on exclut celui de l’énergie, la croissance a été légèrement positive, de 4,2%. "Les valeurs cycliques ont été à la traîne des valeurs défensives", observe aussi l’équipe de stratégie actions européenne de Barclays, avec un recul de leurs bénéfices de 14,3% en moyenne contre une progression de 5,6% respectivement.
Parmi les cycliques, la technologie et la consommation discrétionnaire - soit l’ensemble des biens et services considérés comme non essentiels, par opposition à la consommation de base - se sont mieux comportées, tandis que les biens de consommations courante et les services aux collectivités ont fait bonne figure.
L’euro fort
En termes de chiffre d’affaires, le recul enregistré au deuxième trimestre par les grandes entreprises européennes s’est avéré plus marqué que celui des bénéfices, atteignant 8,7%. La rançon essentiellement d’un euro plus fort : c’est "l’une des principales raisons de la baisse des revenus en Europe", constate ainsi Barclays, la force de la monnaie européenne constituant un handicap relatif par rapport aux entreprises américaines.
Conséquence, les chiffres d’affaires du deuxième trimestre ne sont "que conformes aux attentes (37% ont dépassé les prévisions contre 36% qui ne les ont pas atteintes)", alors que "davantage d’entreprises dépassent les prévisions de bénéfices (52% les ont dépassées contre 31% qui ne les ont pas atteintes) ", soit une performance "supérieure à la moyenne pour les bénéfices, mais plus faible que d’habitude pour les revenus", observent de leur côté les analystes d’UBS.
Post-Covid
Ces évolutions sont à replacer dans le contexte atypique de la reprise post-Covid. Non seulement différents pans de l’économie se sont retrouvés désynchronisés (avec notamment un rebond des services et une récession de l’industrie manufacturière), mais surtout, les fortes hausses de prix ont masqué la faiblesse sous-jacente en termes réels.
En 2022, les volumes de vente avaient fortement ralenti et les marges bénéficiaires s’étaient sensiblement contractées, mais les hausses de prix avaient soutenu une forte croissance des bénéfices en termes nominaux. Ainsi, l’inflation élevée a contribué à une progression des bénéfices de 20% dans la zone euro l’an dernier, bien que l’économie ait commencé à entrer en récession au quatrième trimestre.
Les marges commencent à se redresser
A présent, "ces tendances sont en train de s’inverser, la dernière saison des résultats montre que les marges bénéficiaires des entreprises ont atteint un creux et commencent à augmenter grâce à la baisse des coûts des intrants et aux mesures de réduction des coûts prises par les entreprises", constatent les analystes d’UBS. Ainsi, alors que la croissance des bénéfices est devenue négative au deuxième trimestre en glissement annuel pour la première fois depuis 2020, "nous pensons qu’elle est désormais proche du point bas de ce cycle", estiment-ils.
Pour l’ensemble de 2023, fortes de leurs derniers résultats, la plupart des grandes entreprises européennes ont d’ailleurs conservé des perspectives optimistes. Et ce, quand bien même la proportion d’entre elles ayant une opinion positive à l’égard de l’économie est tombée au deuxième trimestre 2023 à son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2022. Compte tenu de l’acquis du premier semestre, la prévision du consensus d’une croissance proche de l’équilibre pour toute l’année semble réalisable. La barre n'est pas très haute.
Pricing power
La situation se corse quelque peu lorsqu’on se projette en 2024, où la prévision du consensus d’une croissance des bénéfices des entreprises de 8% risque d’être un peu plus compliquée à atteindre. Le ralentissement en cours de l’inflation a pour corollaire un moindre pouvoir de fixation des prix. Et cette perte de pricing power "est susceptible de freiner le redressement des marges bénéficiaires, tout comme il a permis d’amortir le ralentissement au cours des 18 derniers mois", pointe UBS.
Alors que les entreprises ont pu répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients au cours des deux dernières années, en tirant parti de leur pouvoir de fixation des prix, "cette situation n’est pas durable", abonde Barclays. Et ce tandis que l'inflation des salaires se fait de plus en plus sentir. Ainsi, il ne serait pas surprenant de voir la rentabilité des entreprises reculer l’année prochaine.
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