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Macro-économie / Taux / Zone euro / croissance

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Zone euro / croissance

Zone euro : l’activité serait au plus mal depuis près de trois ans / Les services rejoignent le secteur manufacturier en territoire de contraction

La contraction à laquelle ferait face l’activité économique privée de la zone euro se serait renforcée en août, d’après l’enquête mensuelle de S&P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI). Contre toute attente, le secteur des services serait en décroissance, rendant d'autant plus probable un recul du PIB des 20 pays de la zone euro au troisième trimestre.
Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Cela se confirme, l’économie de la zone euro connaît un été assez compliqué. Alors qu’elle a frôlé la récession l’hiver dernier (son Produit intérieur brut a stagné au dernier trimestre 2022 puis a stagné au premier trimestre 2023), l’activité économique des vingt pays partageant la monnaie unique aurait enregistré, en août, sa pire contraction depuis trente-trois mois (cela correspond aux seconds confinements en Europe), d’après l’enquête mensuelle menée conjointement par S&P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI) - le consensus attendait 48,5 points.

De sorte que c’est le quatrième mois consécutif qu’un recul de l’activité se manifeste. L’indice PMI Composite qui regroupe le secteur manufacturier et des services, s’est établi à 47 points ce mois-ci, contre 48,6 points en juillet (le seuil de 50 points délimite l’expansion de la contraction). Dans le détail, l’indice PMI du secteur manufacturier s’est redressé, s’affichant à 43,7 points contre 42,7 points en juillet. "Les fabricants sont confrontés à une faible demande mondiale, en particulier de la part de la Chine continentale", souligne Chris Hare, économiste senior chez HSBC.

 

Services à la peine

 

C’est du côté des services que la surprise est venue. Alors qu’il se maintenait au-dessus du seuil de 50 points depuis le début de l’année, leur indice PMI s’est établi à 48,3 points en août. Hors mois de confinements sanitaires, la contraction du volume des nouvelles affaires obtenues par les prestataires de services de la zone euro a en outre été la plus forte depuis mai 2013, lit-on dans l’enquête.

Les entreprises de services pourraient ressentir "l'essoufflement de la reprise de la demande après l'affaire COVID-19, les effets négatifs de la hausse des taux d'intérêt sur les dépenses des ménages et les pressions constantes sur les coûts", décrypte Chris Hare. Sur ce dernier point, la hausse des coûts s’est quelque peu accélérée au sein du secteur des services, tendance fréquemment attribuée par les directeurs d’achats à de fortes tensions sur les salaires dans le secteur. Au deuxième trimestre, l'augmentation annuelle des salaires négociés en zone euro, atteignait 4,3%, soit la deuxième plus grosse hausse depuis la création de la zone monétaire (la première était de 4,4% au premier trimestre 2023). 

La progression des rémunérations nominales s’explique par un taux de chômage historiquement bas de 6,4% en zone euro et de l’inflation élevée qu’elle a suivie avec retard. D’après les prévisions de la Banque centrale européenne (BCE), la croissance des salaires nominaux devrait s’afficher à 5,3% cette année.

Comment tout cela pourrait se traduire en termes d'évolution du Produit intérieur brut (PIB) ? "La prise en compte des données PMI flash du mois d’août dans nos prévisions immédiates du PIB nous amène à anticiper une contraction de la zone euro de 0,2 % au troisième trimestre [par rapport au trimestre précédent, ndlr]", juge Cyrus de la Rubia, chef économiste à Hamburg Commercial Bank.

Pour mémoire, aux premier et deuxième trimestres, la croissance de la zone euro a atteint respectivement 0% et 0,3%.

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