Macro-économie / Taux / énergies fossiles / subventions / climat
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Les finances publiques du G20 en soutien de manière inédite aux énergies fossiles / Les subventions auraient atteint plus de 1 000 milliards de dollars en 2022
Jamais les puissances publiques du G20 n’avaient consacré autant d’argent aux énergies fossiles. C’est ce qui ressort du rapport de l’Institut international du développement durable, qui estime que, cumulées, les subventions injectées par les plus grosses économies de la planète dans les hydrocarbures se sont affichées à 1 400 milliards de dollars en 2022. Cela représente un montant deux fois et demie plus important que celui atteint en 2019, précédent record.
Dans le détail, "cette évolution est due en grande partie à l’augmentation spectaculaire des aides à la consommation en réponse à la flambée des prix des combustibles fossiles. La catégorie la plus importante de subventions à la consommation est le 'soutien des prix' : les gouvernements fixent les prix de détail des combustibles fossiles à un niveau inférieur au prix du marché international ", rappelle l’Institut international du développement durable.
C’est ainsi qu’à elles seules, les trois plus grandes économies européennes que sont l’Allemagne, la France et l’Italie auraient versé pour 213 milliards de dollars en vue de limiter la crise des combustibles fossiles l’an passé, alors que le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie a conduit à une envolée des prix du gaz et du pétrole.
"Nombre de ces mesures étaient temporaires, mais toutes n’étaient pas ciblées", souligne le rapport, rejoignant un concert de critiques à propos de cette politique budgétaire, qui prit place dans un contexte où les pays visent la neutralité carbone d’ici à 2050 et que le poids de leur dette publique a significativement augmenté. Seulement un tiers des injections d’argent public mises en place par les gouvernements européens dans le cadre de la crise énergétique ont été ciblées vers les ménages les moins aisés d’après Bruegel).
"Il est compréhensible et nécessaire d’aider les ménages et les entreprises pendant une crise énergétique, mais il existe de meilleurs moyens de le faire que de subventionner les combustibles fossiles, ce qui enferme les consommateurs dans des sources d’énergie à forte intensité d’émissions polluantes et dont les prix sont volatils", poursuit le think tank.
De sorte que pour rompre le lien entre l’aide sociale et les combustibles fossiles, le club de réflexion suggère aux gouvernements de "faire de la réforme des subventions aux combustibles fossiles une histoire positive en offrant aux citoyens une alternative politiquement populaire, telle que des transferts monétaires ciblés, des soins de santé ou l’éducation, mettre en place de telles mesures avant la réforme des subventions afin que les citoyens aient le sentiment qu’ils seront soutenus lorsque les prix de l’énergie augmenteront, fournir des options alternatives en matière d’énergie et de transport", mais aussi "d’accroître la transparence sur les montants alloués aux subventions et sur ce qu’elles pourraient financer (par exemple, les transports publics)".
En outre les décideurs se doivent de "créer un consensus politique et une volonté de résister aux appels en faveur des subventions aux combustibles fossiles. Les crises énergétiques n’ont rien de nouveau et continueront à se produire tant que nous continuerons à dépendre de combustibles dont les prix sont volatiles et qui présentent des risques géopolitiques".
Les aides à la consommation représentent près de 70 % des subventions publiques (967 milliards de dollars) du G20, le reste provient quasi exclusivement des investissements réalisés dans les énergies fossiles par les entreprises détenues par les États. En 2022, d’après le rapport, les entreprises publiques de combustibles fossiles (producteurs de charbon, de pétrole et de gaz, et fournisseurs d’électricité d’origine fossile) ont investi 322 milliards de dollars dans de nouvelles dépenses d’investissement, soit plus que la moyenne 2012-2021 en termes réels.
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