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Macro-économie / Taux / Jerome Powell / Jackson Hole / taux d'intérêt / Inflation

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Jerome Powell / Jackson Hole / taux d'intérêt / Inflation

Jackson Hole : Jerome Powell en proie au doute dans sa bataille contre l’inflation / Les énigmes auxquelles il se dit confronté

A l’occasion de la grand-messe annuelle des banquiers centraux dans le Wyoming, le patron de la Fed a insisté sur l’ampleur de l’incertitude à laquelle lui et ses collègues du FOMC font face concernant les retombées de leur politique monétaire. Alors qu’en vue d’éradiquer l’inflation, la Banque centrale américaine a, entre autres, augmenté son taux d’intérêt directeur de 525 points de base en dix-sept mois, Jerome Powell a reconnu ignorer si cela suffira pour remporter la victoire. Plusieurs phénomènes troublent son diagnostic.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Lenin Nolly / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Lenin Nolly / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Comme c’est souvent le cas, nous naviguons à la lumière des étoiles sous un ciel nuageux”. A l’occasion de son, tant attendu, discours de Jackson Hole, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed) est apparu plein d’humilité ou pour le dire de manière moins rassurante : en proie à l’incertitude. Alors que la Banque centrale américaine a augmenté son taux d’intérêt directeur de 525 points de base en dix-sept mois et réduit la taille de son bilan de 800 milliards de dollars (environ 10 %) pour lutter contre une inflation historique, le grand argentier a reconnu ignorer si cela sera suffisant.

Pour mémoire, tandis qu’à son pic (février 2022), l’inflation sous-jacente annuelle (la composante de l’inflation la plus importante actuellement pour les grands argentiers), s’était établie à 5,4 %, elle a atteint 4,3 % en juillet 2023. “Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour revenir à la stabilité des prix”, a-t-il indiqué, à l’occasion de la grand-messe annuelle des banquiers centraux, sans se prononcer sur le fait que de nouvelles hausses de taux d’intérêt devront être conduites ou non.

Lors des prochaines réunions, nous évaluerons nos progrès sur la base de l’ensemble des données et de l’évolution des perspectives et des risques. Sur la base de cette évaluation, nous procéderons avec prudence pour décider s’il convient de poursuivre le resserrement ou, au contraire, de maintenir le taux directeur constant et d’attendre de nouvelles données”, a précisé l’Américain.

De plus, comme à son habitude, il a déclaré que “nous sommes déterminés à atteindre et à maintenir une politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à ce niveau au fil du temps”.

 

Énigmes

 

Oui mais voilà, “il est bien sûr difficile de savoir en temps réel quand le bon niveau de restriction a été adopté”, a-t-il reconnu.

Jerome Powell a expliqué que le Comité de politique monétaire (FOMC) était confronté à plusieurs difficultés quant à sa capacité à mesurer les retombées de sa politique monétaire. “Nous considérons que l’orientation actuelle de la politique monétaire est restrictive et qu’elle exerce une pression à la baisse sur l’activité économique, les créations d’emplois et l’inflation. Mais nous ne pouvons pas identifier avec certitude le taux d’intérêt neutre, et il y a donc toujours une incertitude quant au niveau précis de restriction de la politique monétaire”.

Rappelons que le taux d’intérêt neutre représente le niveau de taux d’intérêt pour lequel la politique monétaire n’a d’effet ni accommodant, ni restrictif sur l’activité économique. Là où est toute la difficulté est qu’il s’agit d’une variable inobservable. En termes nominaux, il est estimé aux alentours de 2,5 % aux Etats-Unis or le taux d’intérêt directeur de la Fed se situe dans une fourchette comprise entre 5,25 % et 5,50 %.

Si le taux d’intérêt neutre se trouve bien au-dessus de 2,5 % (il est influencé positivement par les gains de productivité ou la demande d’investissement notamment), alors la Fed pourrait devoir encore augmenter son taux d’intérêt directeur.

Autre problème quant à savoir si la Fed a durci suffisamment sa politique : "l’incertitude concernant la durée des retards avec lesquels le resserrement monétaire affecte l’activité économique et en particulier l’inflation", affirme Jerome Powell.

En outre, "les perturbations de l’offre et de la demande propres à ce cycle soulèvent d’autres complications en raison de leurs effets sur l’inflation et la dynamique du marché du travail". Dans le détail, "jusqu’à présent, les offres d’emploi ont diminué de manière substantielle sans augmenter le chômage - un résultat très bienvenu mais historiquement inhabituel qui semble refléter un important excès de demande de main-d’œuvre [le nombre de chômeurs par offre d’emploi non pourvue a augmenté de 20% en un an, ndlr]".

Sans compter qu’il semble que l’inflation "soit devenue plus sensible aux tensions sur le marché du travail que ce n’était le cas au cours des dernières décennies", a souligné Jerome Powell.

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