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Union européenne : charbon et pétrole n’ont jamais si peu contribué à la production d’électricité / Le solaire en plein boom
Des énergies fossiles en perte de vitesse ? Au premier semestre, la part des énergies carbonées dans la production d’électricité de l’Union européenne (UE) n’a jamais été si faible, d’après un rapport d’Ember. Le club de réflexion spécialiste des questions énergétiques indique que l’électricité d’origine fossile a pesé 33 % dans le mix électrique du Vieux continent au cours des six premiers mois de l’année.
Alors que la demande d’électricité s’est contractée de 5 % sur un an sur la période allant de janvier à juin 2023 (soit 61 térawattheures - TWh) dans un contexte de prix élevés et de températures hivernales clémentes, la production fossile de 17 % (-86 TWh) par rapport à la même période en 2022. La production fossile de janvier à juin a été la plus faible depuis au moins 2000, avec 410 térawattheures produits. Et la baisse fut globale, avec une diminution d’au moins 20 % dans onze pays, et de plus de 30 % dans cinq (Portugal, Autriche, Bulgarie, Estonie, Finlande).
Quatorze pays ont enregistré leur plus faible production totale d’énergie fossile pour la période, l’Autriche, la République tchèque, le Danemark, la Finlande, l’Italie, la Pologne et la Slovénie ayant atteint leur plus faible production d’énergie fossile depuis au moins l’année 2000. Au cours de l’été, certains pays ont passé de longues périodes sans utiliser les combustibles fossiles qui sont traditionnellement à la base de leurs systèmes électriques. Ainsi, en juin, les Pays-Bas n’ont utilisé du charbon que pendant cinq jours et ont connu un record de dix-sept jours consécutifs sans charbon, tandis que la Grèce a passé plus de 80 heures sans lignite en juillet.
Dans le détail, la production d’électricité à partir de charbon a diminué de 23 % (-49 TWh) en glissement annuel, contre 13 % (-33 TWh) pour le gaz. "Le charbon continue de connaître un déclin structurel en Europe et, malgré la volatilité du secteur de l’électricité depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le "retour" du charbon ne s’est pas concrétisé au cours de l’hiver", souligne le rapport.
A l’inverse, pour les renouvelables, l’humeur est à la fête. Les énergies éolienne et solaire ont représenté plus de 30 % de la production d’électricité dans l’UE pour la première fois en mai et en juillet, et a dépassé la production totale d’origine fossile en mai.
Concernant le solaire, la production a augmenté de 13 % (13 térawattheures) durant le semestre par rapport aux premiers six mois de 2022. Il faut dire qu’entre janvier et juin, l’Allemagne a ajouté 6,5 gigawatts (+10 % - GW) de nouvelles capacités, tandis que la Pologne a ajouté plus de 2 GW (+17 %) et la Belgique au moins 1,2 GW (+19 %). En outre, l’Italie a installé 2,5 GW de solaire au cours des six premiers mois de 2023, contre un total de 3 GW pour l’ensemble de 2022, tandis que la France a ajouté au moins 600 mégawatts au cours du premier trimestre 2023. L’Espagne quant à elle devrait accélérer son déploiement, passant de 4,5 GW en 2022 à 7 GW cette année.
Pour ce qui est de l’éolien, la production a crû de 4,8 % (+10 TWh). "Les taux d’installation sont mitigés en raison de divers obstacles, malgré les ambitions accrues des pays. Alors que la France a enregistré des ajouts records de plus de 850 MW au premier trimestre de l’année, d’autres signes de difficultés sont évidents. En Allemagne, la capacité éolienne totale n’a augmenté que de 1,5 GW au cours du premier semestre 2023, et moins de 2 GW d’énergie éolienne en mer ont été ajoutés dans l’ensemble de l’UE au cours de la même période. La hausse des coûts a eu un effet préjudiciable sur les investissements dans les projets éoliens, et les politiques de certains États membres ont entravé le déploiement", analyse le rapport. Enfin, la production d’électricité hydraulique a progressé de 11 % (15 TWh) grâce aux performances enregistrées en Europe du Sud et dans les États baltes."
"Une grande partie du déclin des combustibles fossiles peut être attribuée à une baisse significative de la demande d’électricité, dont une grande partie n’est ni durable ni souhaitable", note Ember, qui prévient que "si la tendance à la baisse de la production de charbon et de gaz doit se poursuivre pour atteindre les objectifs de l’UE et des pays en matière de décarbonation, l’Europe ne peut pas compter sur une réduction indésirable de la demande pour y parvenir".
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