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ESG / Universités d'été de l'économie de demain / UEED / Planification / Saint-Gobain / Benoit Bazin / construction

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Universités d'été de l'économie de demain / UEED / Planification / Saint-Gobain / Benoit Bazin / construction

Allier la fin d’une logique d’extraction et la construction ? / Comment la circularité s'organise chez Saint-Gobain

Alors que le jour du dépassement de la Terre a déjà plus d'un mois, les Universités d'été de l'économie de demain auront été l'occasion d'organiser un débat autour d'un partage plus équitable des ressources. Certains secteurs, comme la construction, se situent évidemment bien plus au coeur de ce type d'enjeux que d'autres. Mais avec certaines solutions à sa disposition pour s'aligner sur la sortie d'une logique d'extraction.
Universités d'été de l'économie de demain (DR)
Universités d'été de l'économie de demain (DR)

Le jour du dépassement de la Terre a plus d’un mois. Le mercredi 2 août 2023 marquait en effet, d’après les calculs du Global Footprint Network, la date à laquelle l’humanité a consommé l’intégralité des ressources écologiques fournies par la planète. Autrement dit : nous vivons depuis à crédit sur la nature, ce qui empêche ainsi les écosystèmes de se régénérer.

Le constat est clair. "Il y a urgence à agir. En termes d'entrepreneuriat, il est impératif de se tourner vers une économie circulaire. Pour les jeunes entreprises qui ne traînent pas d’historique, il est possible d’entreprendre de la bonne manière. Et pour celles qui ont déjà une capacité à produire conséquente, il est vital d’y aller. Quand ? Vite. Et comment ? Ensemble", alarmait ainsi l’entrepreneure et fondatrice de la société Les Alchimistes Cyrielle Callot, à l’occasion d’une table ronde sur le partage des ressources organisée la semaine passée aux Universités d’été de l’économie de demain.

Ensemble, certes, même si tous les secteurs d’activité ne sont pas logés à la même enseigne. À l’instar de celui de la construction, par exemple, représentant à lui seul 40 % des émissions de CO2 mondiales et qui consomme (en masse) près de la moitié des ressources naturelles sur la planète. Difficile, de plus, de songer à ralentir l’activité dans le domaine qui va devoir s’atteler à un chantier de rénovation dans les années à venir.

 

Une majorité bien construite

 

"La rénovation est un axe sur lequel nous devons fondamentalement nous engager", a ainsi souligné le directeur général de Saint-Gobain Benoit Bazin, également invité à participer au débat. En effet, "80 % des bâtiments qui seront présents à l’horizon de la neutralité carbone en 2050 sont déjà construits", a-t-il poursuivi.

D’où la nécessité de changer de mode de construction. Et chez Saint-Gobain, cela s’est notamment opéré au travers d’une stratégie de réorganisation. Plutôt que d’être regroupées par pôle et suivant le plan "Transform and Growth" mis en place en 2018, les activités de l’industriel sont désormais organisées par zone géographique.

"C’est aussi pour cela que nous avons réorganisé le groupe. Le fait que cela se fasse pays par pays permet d’organiser des boucles locales de matériaux", a expliqué Benoit Bazin et d’accélérer ainsi dans le recyclage.

 

Un temps long nécessaire

 

Saint-Gobain a ainsi lancé la première offre de verre "bas carbone" avec 40 % de contenu carbone au mois de septembre 2022, ou encore des plaques de plâtre avec 50 % de gypse recyclé. Il y a les services, également, que propose l’industriel. "En France, nous avons 2 000 points de vente et plus de 300 déchetteries, qui sont des lieux de recyclage mis à disposition pour nos artisans. Nous avons aussi signé un accord avec la ville de Paris pour prendre en charge les fenêtres qui partiront avec la rénovation énergétique de la capitale", a ajouté Benoit Bazin.

Le directeur général de Saint-Gobain l’a par ailleurs admis : "Nous savons que la construction est au coeur de nombreux enjeux sur le partage des valeurs. […] Il est donc important d’entrer dans une logique de planification et d’investissements de long terme", a-t-il fait valoir, en citant l’exemple du village olympique des Jeux de Paris 2024 qui seront par la suite utilisés pour être des bureaux, ou encore des résidences universitaires. "Il faut arriver à sortir du vieux logiciel et aussi permettre aux collectivités de s’investir sur du temps long, ce qui permettrait de gérer différemment des dépenses publiques courantes. L’aménagement des territoires, l’eau ou encore les rénovations sont des dépenses longues", a soutenu Benoit Bazin.

Entrer dans une logique de temps long et de planification pour partager plus équitablement les ressources aura, de fait, été l’un des constats sur lequel les différents intervenants se sont unanimement accordés. Au secrétaire général de la planification écologique, Antoine Pellion d’ajouter qu' "on ne fait pas une planification pour expliquer à chacun ce qu’il doit faire, la dimension territoriale est déjà là. Il faut redonner les métriques, les ordres de grandeurs. […] La transformation doit se faire sur tous les secteurs, ce n’est pas en traitant quelques symboles que l’on traitera le structurel."

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