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Macro-économie / Taux / Union européenne / décarbonation

Macro-économie / Taux
Union européenne / décarbonation

Europe : un demi-million d’emplois seraient victimes de l’accélération de la décarbonation en 2030 / L’OCDE évoque un coût économique modéré

Le récent choix de l’Union européenne de réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030 pourrait conduire le Produit intérieur brut (PIB) par habitant du Vieux continent à s’afficher, dans 7 ans, 1 % en dessous de ce qu’il aurait dû être dans le cadre de sa précédente trajectoire de décarbonation (réduction des émissions de 40 %), d’après l’OCDE. En cause ? Le prix du carbone, explique l’organisation.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - Aaron Favila / POOL / AFP
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - Aaron Favila / POOL / AFP

La décarbonation plus rapide qu’escompté que l’Union européenne (UE) souhaite mener ne sera pas sans effet à horizon 2030. Il y a deux ans, a été adoptée la loi européenne sur le climat qui fixe un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE à au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990 (l’UE visait 40 % auparavant), ce en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Pour ce faire, le paquet législatif "ajustement à l’objectif 55" vise, entre autres, à ce que d’ici 2030, les secteurs économiques couverts par le marché du carbone (système d’échanges de droits à polluer qui sera étendu notamment au secteur maritime) réduisent leurs émissions de 62 % par rapport à 2005 (contre 40 % auparavant), la consommation finale d’énergie diminue de 11 % par rapport à 2023 et la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique passe à 42,5 % (contre 32,5 % aujourd’hui).

D’après une étude menée par l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), ces mesures permettront à l’UE d’atteindre ses objectifs. Cela reflète, entre autres, une réduction des émissions "plus importante dans le secteur de l’électricité, grâce à un déploiement plus rapide des énergies renouvelables, ainsi que des efforts plus importants en matière d’économies d’énergie dans tous les secteurs", souligne l’étude. "Une hypothèse clé est que le besoin de capacité de secours conventionnelle pour la production d’énergie renouvelable, notamment le gaz, diminuera considérablement, passant d’environ 40 à 50 % à 7 % de la production totale d’électricité, grâce à l’amélioration du stockage de l’énergie et du transport et de la distribution de l’électricité dans l’ensemble de l’UE", peut-on lire.

Pour mesurer les effets économiques de cette politique, l’étude les compare avec ce qu’aurait généré la précédente trajectoire de décarbonation décidée par l’UE. Une perte jugée "modérée" de 1 % du Produit intérieur brut (PIB) par habitant en 2030 devrait être observée. Du côté du marché du travail, cela générerait la destruction nette de 500 000 emplois, soit une baisse de 0,2 % par rapport au scénario de transition moins ambitieux.

Ces dégâts s’expliqueraient par l’évolution du prix du carbone. Alors que la tonne de CO2 se négocie de nos jours à environ 100 euros dans l’Union européenne, son prix devrait atteindre près de 180 euros en 2030 (en prix de 2020) d’après les simulations, contre 30 euros dans le scénario alternatif.

La hausse des coûts de production associés pour les entreprises entraînera des pertes économiques "en termes de revenus réels et de compétitivité. Si bien que "les pays dont l’intensité carbone de la production est actuellement plus élevée devraient connaître des pertes de revenus plus importantes", notamment la Pologne. Cette dernière enregistrerait une diminution de 3 % de son PIB par habitant contre "seulement" 0,6 % pour la France. L’économie hexagonale est d’ailleurs celle qui déplorerait les pertes économiques les plus faibles quand on les compare à l’Allemagne (-1,1 %), l'Italie (-1 %), ou encore à l’Espagne (-1,1 %).

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