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Vieux continent; USA; Course

Macro-économie / Taux / Chine / décarbonation / europe

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Chine / décarbonation / europe

La Chine reste en tête de la course aux technologies vertes / La prise de conscience de l’Europe ne s’accompagne pas des actes nécessaires

La course à la décarbonation fait rage et le think tank européen Strategic Perspectives fait le constat que le Vieux Continent a certes désormais bien compris son retard en la matière, mais qu’il ne fait pas suffisamment pour y remédier. Les chantiers en la matière sont immenses qu’ils concernent les véhicules électriques, les énergies vertes ou encore les pompes à chaleur.
La Chine caracole en tête de la course aux technologies vertes. Li Bo / XINHUA / Xinhua via AFP
La Chine caracole en tête de la course aux technologies vertes. Li Bo / XINHUA / Xinhua via AFP

"Les pays qui sont à l’avant-garde de cette nouvelle ère industrielle sont susceptibles de façonner les marchés futurs, d’attirer les investissements et de créer des milliers d’emplois". L’enjeu des investissements dans les technologies vertes est limpide pour le think tank européen Strategic Perspectives : se placer en tête de cette compétition revient à s’assurer une manne financière conséquente en termes d’emplois et de parts de marché. Une compétition qui couronne actuellement la Chine qualifiée de "leader incontestable dans la course à la technologie zéro carbone, investissant massivement dans le déploiement des énergies renouvelables et des véhicules électriques, ainsi que dans la fabrication de technologies zéro carbone".

Pour le moment l’Union européenne ne brille pas par ses décisions, certes pour le think tank " le Green Deal européen a été lancé au bon moment pour renforcer la position de l’Europe par rapport à la Chine", il n’en reste pas moins que " si elle n’augmente pas sa production nationale et son soutien financier à ces technologies au cours des prochaines années, l’UE risque de se retrouver à nouveau à la traîne". Avec en toile de fond les efforts constants des États-Unis avec notamment leur loi sur la réduction de l’inflation pensée pour rendre Washington compétitif en la matière.

 

L’autre côté de l’Atlantique

 

La volonté de disputer le leadership de Pékin ne se conçoit pas de la même façon qu’on soit à Bruxelles ou aux États-Unis. L’Inflation Reduction Act américain cherche à "accroître la production nationale nette de carbone et à aider les consommateurs à acheter des technologies à zéro carbone" en multipliant les incitations fiscales. Là où le Vieux continent opte pour une approche réglementaire qui va devoir rapidement faire ses preuves pour espérer emboîter le pas, outre-Atlantique ce sont déjà "170 000 nouveaux emplois verts [qui] ont été créés dans l’ancien centre industriel en déclin, la ‘ceinture de rouille ‘, ainsi que dans le Sud", selon Strategic Perspectives.

Des chiffres impressionnants qui ne font pas oublier que sur l’autre rive du Pacifique le géant chinois garde solidement sa première place ; à titre d’exemple, "seule, la nouvelle capacité de production d’énergies renouvelables de la Chine représente 55 % de la capacité installée supplémentaire dans le monde en 2023, tandis que plus de la moitié des voitures entièrement électriques dans le monde seront construites en Chine". Les retombées économiques sont déjà immenses pour Pékin avec un pays qui s’accapare aujourd’hui "60 % de la fabrication mondiale de technologies à zéro carbone, créant ainsi des millions d’emplois et une nouvelle activité économique sur son territoire ".


Fantômes du Covid

 

La problématique de la souveraineté économique, dont notamment le sujet du contrôle des chaînes d’approvisionnements, était apparue au grand jour lors de la pandémie mondiale. Voilà que les ingrédients pour créer une nouvelle dépendance sont aujourd’hui présents, le think tank estime que la Chine " vise à s’emparer d’une grande partie du marché croissant de l’énergie nette zéro et à contrôler les chaînes d’approvisionnement en technologies et en composants pour le reste du monde. La grande majorité des chaînes d’approvisionnement en énergie solaire et en batteries sont gérées par des entreprises chinoises". Allant même jusqu’à dire que "la forte dépendance des autres économies à l’égard de la Chine les expose à des risques d’approvisionnement majeurs, à des goulets d’étranglement, voire à des perturbations dans les technologies stratégiques".

Les raisons d’espérer ne sont pas légion mais existent, tant avec la part croissante de production d’électricité éolienne et solaire en Europe - elle "représentera 22 % du mix électrique en 2022 et dépassera le gaz (20 %) et le charbon (16 %)" - ou encore avec une "utilisation de voitures électriques par habitant en Europe [qui] est la plus élevée des économies couvertes par le présent rapport, et l’Europe a pris la tête des investissements et du déploiement des technologies thermiques ". À la nuance près que certes la "législation européenne crée un environnement politique favorable pour attirer les investisseurs dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les pompes à chaleur" mais que ses effets ne seront pas éternels et que "pour rester compétitive dans la nouvelle ère industrielle, l’Europe devra augmenter ses investissements et apporter de l’argent frais pour construire de nouvelles capacités de production et consolider ses industries de l’éolien et des pompes à chaleur".

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