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Le Haut conseil des finances publiques en remet une couche / La prévision de déficit public pour 2024 interroge
"Ce budget 2024 est incontestablement la première marche d’une trajectoire de rétablissement de nos finances publiques ambitieuse". Ce matin, devant les journalistes, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a dévoilé le projet de loi de finances 2024 (PLF 2024) et la réduction de déficit public (0,5 point de PIB) prévue, notamment grâce à 16 milliards d’euros d’économies permises en grande partie grâce à la sortie partielle des boucliers tarifaires sur l’énergie.
"La prévision de déficit public pour 2024 (4,4 points de PIB) conjugue principalement des hypothèses favorables et paraît optimiste", lançait, également, ce matin, le Haut conseil des finances publiques (HCFP), alors que les ministres présentaient leur copie à la presse. L’instance rattachée à la Cour des comptes, chargée d’analyser le réalisme des prévisions macroéconomiques du gouvernement, juge que la prévision de croissance (+1,4 %), qui est supérieure à celles du consensus des économistes (+0,8 %) et des organismes qu’il a auditionnés, est élevée.
"Elle est légèrement supérieure à celle de l’OCDE (+1,2 %), de la Commission européenne (+1,2 %) et du FMI (+1,3 %). Elle l’est nettement à celle du consensus des économistes (Consensus Forecasts) du mois de septembre (0,8 %, leurs prévisions s’étageant entre 0,3 % et 1,3 %) et des institutions consultées par le Haut Conseil (Banque de France, Rexecode OFCE) qui prévoient une croissance de l’économie française comprise entre 0,4 % et 0,9 % ", détaille l’organisme. "Pour la totalité des postes de demande (consommation, investissement, exportations), le gouvernement est plus optimiste que ces organismes", ajoute l’instance présidée par Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes. En conséquence de quoi, les recettes attendues par l’État semblent "un peu surestimées".
En outre, du côté des dépenses, la prévision est "sujette à plusieurs facteurs possibles de dépassement". D’une part, le coût du bouclier tarifaire sur le prix de l’électricité, maintenu en 2024, "est fortement dépendant des prix à venir sur les marchés de gros et la prévision du coût de la mesure d’après le PLF 2024 paraît basse au vu des prix observés au cours des derniers mois", estime le HCFP. D’autre part, le gouvernement prévoit un ralentissement significatif de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (+3,2 % après +4,8 %), ce qui suppose "un infléchissement de la tendance spontanée des soins de ville, qui semble optimiste, et un volant d’économies de 3,5 milliards d’euros. Un tel montant d’économies a déjà été atteint par le passé, mais paraît plus difficile à réaliser dans un contexte de tensions, notamment dans le secteur hospitalier et sur l’offre de médicaments", rappelle le HCFP.
Interpellé sur cet avis, Bruno Le Maire a rétorqué que la prévision de croissance du gouvernement s’est finalement avérée la plus juste pour 2023. Pour mémoire, il y a un an, le consensus prévoyait 0,6 % pour 2023 quand le gouvernement a toujours maintenu qu’il anticipait 1 %. Aujourd’hui, l’Insee estime que le PIB devrait croître de 0,9 % en 2023. "J’écoute toujours les avis, ils sont utiles, mais je salue aussi la clairvoyance de mes services", a-t-il déclaré.
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