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Moody's / France / Dette
Un nuage noir en moins pour Bercy / Moody’s a maintenu la note de la France à Aa2
"La décision de Moody’s de maintenir la note de la France témoigne de la crédibilité de la signature souveraine française". C’est un Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, soulagé qui s’est félicité ce week-end de voir l’agence de notation décider de ne dégrader ni la note hexagonale ni sa perspective. Pas de camouflet, donc pour Bercy près de six mois après avoir vu Fitch rétrograder la note de la France. Cependant l’impact des notations sur la charge de la dette des États semble s’être réduit ces dernières années, rendant moins sensibles les décisions des agences de notations.
Épée de Damoclès
Si les choix des agences de notations sont toujours autant scrutés tant par les décideurs politiques que par les investisseurs, ces derniers n’en tiennent pas pour autant forcément compte dans leurs propres décisions. Sylvain Bersinger, économiste chez Asterès, souligne en ce début de semaine que "les notes accordées par les agences n’ont d’importance que si elles influencent le taux payé par les Etats". En l’occurrence une dégradation pour la France n’aura pas forcément signifié un renchérissement de sa charge de la dette.
Si Bruno Le Maire argue que cette décision "conforte notre volonté de poursuivre le désendettement de la France et de respecter la trajectoire définie par le président de la République, et matérialisée par la loi de programmation des finances publiques", du côté de chez Asterès on met davantage en avant la dynamique récente dans laquelle "les notes des pays divergent parfois des taux auxquels ils s’endettent, ce qui fait perdre de leur importance aux agences de notation". De fait, il "semblerait que les marchés financiers […] conduisent leurs propres analyses de risque souverain et ne suivent pas les décisions des agences de notation", ajoute le cabinet.
Passé et futur
Les derniers mois ont en effet vu apparaître des exemples d’une "absence de réactivité des taux souverains aux décisions des agences de notation", avec tout particulièrement pour la France un impact négligeable de la dégradation de la note française par Fitch au printemps. Certaines corrélations, telle que la hausse des taux américains consécutive à la dégradation de la note américaine en août, sont à prendre avec des pincettes étant donné que l’ensemble des pays occidentaux ont vu leur taux grimper durant cette période et ce indépendamment des choix des agences de notations.
Si au cours des prochaines semaines une des agences de notation modifie son appréciation de la situation française - pour rappel Fitch rendra son verdict le 27 octobre puis Standard & Poor’s clôturera le bal début décembre -, il faut bien avoir à l’esprit que cet impact ne se matérialisera "que si les prêteurs, en se basant sur ces notes, changent leurs décisions d’investissement en demandant des taux plus élevés aux emprunteurs les moins bien notés car ils perçoivent alors un risque de défaut plus élevé ".
Des choix d’autant plus scrutés à Paris que la France compte emprunter 285 milliards d’euros sur les marchés en 2024, soit la plus grosse somme jamais levée en un an. Le danger ne viendra pour le moment pas de Moody’s qui a certes précisé que sa communication ne "constitue pas une publication de décision de notation formelle" mais n’a pas pour le moment pas annoncé de nouvelle date pour une possible révision de la note hexagonale.
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