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Entreprises / Actions / Atos / nationalisation / augmentation de capital

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Atos / nationalisation / augmentation de capital

Pour Atos, la solution pourrait quand même venir de l’Etat / Même sans nationalisation

Une nationalisation serait certainement loin d’être la panacée pour Atos. Ce qui ne veut pas dire que l’État ne dispose pas de moyens pour faire valoir la souveraineté et les intérêts stratégiques de la France dans le dossier. En fonction de la forme choisie, son intervention pourrait permettre de relâcher la pression vendeuse.  
Atos pourrait avoir intérêt à ce que l'Etat participe à sa recapitalisation - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Atos pourrait avoir intérêt à ce que l'Etat participe à sa recapitalisation - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Le vent de nationalisation qui a soufflé pendant deux jours sur Atos est rapidement retombé. Le gouvernement a fait savoir lundi qu’il n’envisageait pas cette option radicale. Ce qui n’empêchera pas les deux amendements parlementaires portés respectivement par un député Les Républicains et un député du Parti Socialiste, appelant à une "nationalisation temporaire" d’Atos, d’être discutés en Commission des finances cette semaine, même s’ils n’ont, a priori, aucune chance d’être adoptés. L’action Atos, qui avait brièvement accéléré lundi sa chute vers de nouveaux plus bas historiques, ne s’en porte pas plus mal, regagnant près de 5% mardi, à 4,85 euros.

Si jamais nationalisation il devait y avoir, le passé enseigne en tout cas qu’il serait sans doute préférable en effet qu’elle ne soit que passagère. Car il n’est pas banal de parler de nationalisation à propos d’Atos. Le meilleur exemple de la gestion par la puissance publique d’un groupe informatique remonte aux années 1980 et 1990. Il s’agissait de Bull, ex-fleuron informatique national, dont le contribuable avait dû éponger les très lourdes pertes, avant que le groupe n’entame son redressement avec sa privatisation progressive au milieu des années 1990, puis ne se spécialise avec succès dans les supercalculateurs au début des années 2000, jusqu’à se faire racheter en 2014 par… Atos que dirigeait alors Thierry Breton.

L’occasion d’ailleurs de rappeler que lorsque des activités sont considérées comme stratégiques, comme c’est le cas des activités BDS d’Atos, regroupant le Big Data, la Cybersécurité et les supercalculateurs (hérités de Bull), appelées à être regroupées sous la bannière Eviden, il n’est absolument pas nécessaire de les nationaliser. C’est la raison d’être du fonds souverain de l’Etat de protéger ce type d’activité. Et c’est pourquoi ce qui s’appelait à l’époque le Fonds stratégique d’investissement (FSI), depuis intégré dans Bpifrance, était justement entré au capital de Bull en 2011.

Il ne serait donc pas totalement absurde d’imaginer Bpifrance, pourquoi pas au travers de son fonds patriotique Lac 1, qui œuvre déjà à stabiliser le capital de plusieurs grandes entreprises tricolores - et notamment le spécialiste de la cybersécurité Exclusive Network - se positionner au capital d'Atos. Un mouvement qui, au-delà de l’apport financier, aurait probablement le pouvoir de stopper la pression des vendeurs à découvert, celle-ci constituant désormais le principal obstacle à tout schéma de recapitalisation.

En l’état actuel des choses, au vu d’une capitalisation boursière réduite comme peau de chagrin autour 500 millions d’euros, le projet d’augmentation de capital de 900 millions d’euros annoncé en août risque en effet de se traduire par une dilution vertigineuse, si tant est qu’il puisse se réaliser. 

Les analystes du cabinet de recherche indépendant AlphaValue ont justement refait leurs calculs en tenant compte de la très forte chute du cours de Bourse depuis la rentrée. Les 20 euros par action qui étaient prévus pour l’augmentation de capital de 180 millions d’euros réservée à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, ne sont évidemment plus crédibles du tout. AlphaValue tablait déjà en août sur un prix d’émission bien plus faible de 6,5 euros par action. Mais le bureau d’analystes ne retient plus désormais qu’un prix d’émission équivalent au nominal de l’action, soit 1 euro. La conséquence serait une augmentation considérable du nombre d'actions, qui passerait de 111 millions avant l’augmentation de capital, à près de dix fois plus.

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