Indicateurs macros / délais de paiement / France / croissance
Indicateurs macros
délais de paiement / France / croissance
Les entreprises françaises voient leur avenir en rose, pas celui du pays / Une hausse des dépôts de bilan est anticipée
"Les entreprises françaises sont comme les ménages français, très confiants pour eux et moins pour la nation française". Le constat posé par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, dans sa prise de parole à la présentation du Baromètre Cabinet ARC 2023 s’inscrit pleinement dans les chiffres dévoilés. Pour autant, le ministre juge "cette inquiétude parfaitement légitime, n’oublions pas que nous vivions une transition économique comme on voit une par siècle".
Une crainte pour l’avenir d’autant plus grande que les chefs d’entreprise interrogés n’ont pas encore fini de se relever de leurs dernières difficultés ; ils sont 47 % à prévoir "un délai d’un à deux ans pour effacer les effets des différentes crises subies sur leur santé financière" et surtout "1 entreprise sur 2 estime qu’entre 3 et 5 ans voire davantage seront nécessaires", là où ce dernier chiffre n’était que de 40 % il y a un an.
Environnement dégradé
Il est d’autant plus remarquable que parmi les 501 entreprises de 50 salariés et plus qui ont été interrogées, un tiers se montre optimiste quant à sa situation quand d’un autre côté les difficultés se sont amoncelées en un an. Ce sont en effet près de 68 % des entreprises qui "pensent que la situation économique actuelle va entraîner une augmentation du nombre de dépôts de bilan de leurs clients (en hausse de 12 points par rapport à 2022) et, pour plus de 40 %, ces derniers ne seront pas en mesure de faire face au remboursement de leurs créances (PGE, URSSAF, factures…)".
Pour autant le ministre de l’Économie ne compte pas lâcher les entreprises et fixe un "cap de long terme [qui] est d’être la première économique d’Europe décarbonée à l’horizon", il n’est pas question pour lui "de repousser le changement alors qu’il s’impose à nous". Un jeu d’équilibriste dans lequel les entreprises françaises estiment voir leur soutien diminuer avec notamment "76 % des entreprises interrogées (+17 points en un an) [qui] sont convaincues du désengagement des établissements bancaires vis-à-vis des TPE/PME qui ont utilisé leur PGE et ne l’ont pas encore remboursé (+21 points par rapport à mai 2023) ". Même son de cloche concernant le désengagement des assureurs crédit auprès des TPE/PME constaté par 62 % des sondés, une augmentation de 26 % en un an.
Toujours les délais de paiements
Comme les autorités françaises l’appellent de leurs vœux depuis plusieurs semaines, elles espèrent réussir "le rendez-vous de la simplification" évoqué par Bruno Le Maire, ce dernier voulant "une approche reprenant vos positions" en parlant au tissu économique français. Un message parfois difficilement audible pour des entreprises empêtrées dans leur difficulté du quotidien et qui voient leur ministre de l’Économie déclarer " qu’il est inacceptable d’entendre que tant de choses traînent sur les délais de paiement" mais qui voient les lueurs d’espoir telles que "la réduction du délai maximal de paiement de 60 à 30 jours". Proposition désormais soutenue par 56 % d’entre eux contre 47 % l’an passé, qui rencontrera des difficultés à être déployé rapidement notamment en raison d’une harmonisation européenne à mettre en oeuvre.
En attendant, comme l’a souligné Denis Le Bossé, président du Cabinet Arc, "beaucoup d’entreprises disparaissent avec des carnets de commandes pleins". Une situation qui n’est pas nouvelle comme le baromètre s’en fait l’écho, arguant qu’on "constate que les retards de paiement sont passés en moyenne de 12 à près de 15 jours. Un résultat qui vient assez logiquement corroborer une crainte déjà exprimée l’an dernier : 83 % des entreprises interrogées (+3 points par rapport à septembre 2022) pensent que les délais de paiement risquent de devenir une variable d’ajustement, et donc d’augmenter". De quoi inquiéter au plus haut point le président du Cabinet ARC qui rappelle que "ceci constitue, dans le contexte inflationniste actuel, un véritable risque pour la santé financière d’entreprises manquant déjà structurellement de fonds propres". Pour le moment, les pistes plébiscitées pour lutter contre les mauvais payeurs restent à respectivement 81 % et 80 % la prise en compte des délais de paiement dans les notations financières des agences et l’apparition d’une notation des délais de paiement.
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