Macro-économie / Taux / Réserve fédérale américaine / Inflation / croissance / Etats-Unis
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Réserve fédérale américaine / Inflation / croissance / Etats-Unis
États-Unis : une pause davantage qu’un arrêt de la hausse des taux / La robustesse de l’économie et les tensions sur le marché du travail incitent à la prudence
La Banque centrale américaine fait une halte. Pour la seconde fois consécutive, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé, à l’unanimité, de ne pas modifier le taux d’intérêt directeur : il évolue toujours dans une fourchette située entre 5,25 % et 5,50 %. "Compte tenu du chemin parcouru, ainsi que des incertitudes et des risques auxquels nous sommes confrontés, le FOMC procède avec prudence", a justifié Jerome Powell, président de la Fed, lors de sa conférence de presse (la Fed a augmenté son taux d’intérêt directeur de 525 points de base depuis mars 2022).
Il a ajouté que "nous déciderons de l’ampleur du raffermissement supplémentaire de la politique monétaire et de la durée pendant laquelle la politique restera restrictive en fonction de l’ensemble des données reçues, de l’évolution des perspectives et de l’équilibre des risques". Rappelons que d’après les dots publiés en septembre (trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation), les banquiers centraux américains s’attendent à une nouvelle hausse de taux d’intérêt de 25 points de base d’ici la fin de l’année (la dernière réunion aura lieu les 12 et 13 décembre).
Si la croissance annuelle de l’indice des prix sous-jacent (hors énergie et alimentation) des dépenses de consommation personnelles (Core PCE Index), surveillée par la Fed pour traquer l’inflation, évolue à son plus bas depuis le printemps 2021 (3,7 %), d’importants aléas haussiers demeurent. "Au troisième trimestre, on estime que le PIB réel a augmenté à un taux annualisé exceptionnel de 4,9 %, stimulé par une hausse des dépenses de consommation [elle explique 55 % de la croissance du troisième trimestre, ndlr]", a fait remarquer Jerome Powell.
En outre, le marché du travail demeure tendu (le taux de chômage est de 3,8 %). "La demande de main-d’œuvre reste supérieure à l’offre de travailleurs disponibles", a souligné Jerome Powell, qui a toutefois salué le fait que la progression des salaires nominaux ralentisse. L’on compte aujourd’hui 1,6 emploi vacant par chômeur, contre un pic de 2,3 en avril 2022 tandis que l’augmentation des rémunérations s’est élevée à 4,3 % en rythme annualisé entre juillet et septembre (contre 5,5 % lors du sommet du premier trimestre 2022).
Aussi, "la persistance d’une croissance supérieure au potentiel, ou le fait que les tensions sur le marché du travail ne s’atténuent plus, pourraient mettre en péril la poursuite des progrès en matière d’inflation et justifier un nouveau resserrement de la politique monétaire", a prévenu l’Américain. Il convient de noter que le patron de la Fed a également tenu à signaler que les conditions de financement s’étaient significativement durcies ces derniers mois (le taux d’intérêt à 10 ans atteint 4,70 %, soit un bond de près de 100 points de base depuis le début du second semestre). Or, "des changements persistants dans les conditions financières peuvent avoir des implications pour la trajectoire de la politique monétaire", a averti le banquier central. Comprendre : il ne sera peut-être plus nécessaire d’augmenter le taux d’intérêt directeur.
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