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Entreprises / Actions / OCDE / décarbonation / Emploi / compétence

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OCDE / décarbonation / Emploi / compétence

Décarboner l’économie tout en préservant le marché du travail devrait être possible / Mais à plusieurs conditions et tout en considérant l'importance des compétences

Le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques, au sujet de l’importance des compétences dans l’accompagnement d’une transition écologique et numérique résiliente, fait le constat que tous les travailleurs ne seront pas touchés de la même manière par les mesures prises en faveur de la décarbonation. Pour concilier préservation du marché du travail et objectifs climatiques, certaines solutions sont préconisées.
(Photo by Jean-Michel Delage / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Jean-Michel Delage / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Comment faire pour avancer vers la réalisation d’objectifs climatiques tout en préservant le marché du travail ? Dans son dernier rapport, l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) s’est attachée à donner ses perspectives sur l’importance qu’auront les compétences dans la réalisation efficiente des transitions environnementale et numérique.

De fait, investir et déployer des politiques en la matière aideront l’ensemble des pays de l’organisation à "anticiper les évènements néfastes plutôt que de les subir ", rappelle-t-elle. Mais parvenir à rendre les systèmes résilients face à ces deux défis nécessitera de donner aux individus les moyens d’acquérir un nouvel éventail de compétences, notamment celles relatives au traitement de l’information, des qualités socioémotionnelles et métacognitives (soit le fait de pouvoir réfléchir sur ses propres pensées).

Si l’idée est simple, l’application l’est moins : d’une part, de nombreux individus n’atteignent pas encore le niveau de base nécessaire pour assurer leur propre bien-être économique et social, tout comme celui de la société. Ils pourraient donc peiner à contribuer à bâtir un avenir plus respectueux de l’environnement. D’autre part, les individus acquièrent et perdent des compétences dans différents domaines au fil du temps. Et l’évolution rapide des conditions environnementales et sociales modifie les degrés de maîtrise attendus.

 

Quand le chômage augmente, les priorités changent

 

De ce fait, il apparaît capital de mettre des mesures d’amélioration et de recyclage des compétences en place afin de limiter le coût social de l’action publique, qui pourrait avoir de véritables effets contreproductifs et notamment en matière d’action climatique. "Pour chaque hausse de 1 % du chômage, le pourcentage d’adultes qui déclarent donner la priorité à l’environnement plutôt qu’à l’économie diminue de 1,7 %", pointe le rapport de l’OCDE. Et ce dernier l’assure : oui, des politiques de lutte contre le changement climatique devront être mises en œuvre pour limiter la dégradation de l’environnement et celles-ci sont indispensables. Mais elles auront nécessairement une incidence sur les marchés du travail et la demande de compétence au cours des dix prochaines années.

Pourtant, quelques solutions pourraient permettre d’assurer la mise en œuvre efficace et inclusive des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et plus particulièrement pour l’Union européenne (UE), exemple "particulièrement intéressant en raison du niveau d’ambition des mesures mises en œuvre, du nombre de juridictions concernées et de la disponibilité de données récentes", relève le rapport.

Pour ce faire, il préconise tout d’abord d’associer les politiques de lutte contre le changement climatique à l’adoption des technologies favorisant une transition écologique stimulant la croissance et l’emploi. Car allier la décarbonation avec la croissance économique et de l’emploi dépendra de la capacité à garantir l’adoption des technologies numériques. Tout simplement parce que les compétences dont la demande augmentera d’ici 2030 seront en lien avec le développement et l’utilisation d’outils et d’application numériques.

 

Les travailleurs manuels en première ligne

 

Ensuite, il sera aussi nécessaire de ne pas fermer les yeux sur les implications qu’auront ces politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur l’emploi. Certains secteurs connaîtront nécessairement une réduction des perspectives d’emploi : c’est le cas des travailleurs manuels. Par exemple, dans le secteur de l’extraction du charbon et du lignite, l’emploi devrait chuter de 90 %. Il sera à charge, pour les États membres de l’Union européenne, de mettre des dispositifs de soutiens aux populations affectées, au travers de la création d’emploi de qualité, de facilitation à l’accès à des conditions de travail sûres et respectueuses de leur santé dans un contexte de transition écologique, ou encore en prenant des mesures d’éducation, de formation.

Enfin, l’investissement. Dans l’orientation professionnelle, tout d’abord, afin d’aider les individus à faire des choix de formation plus éclairés. Mais aussi dans des données adéquates sur le marché du travail et les compétences. "Dans de nombreux pays de l’OCDE, les outils existants de collecte de données sont mal adaptés au recensement des activités économiques et de la répartition de l’emploi ", pointe le rapport de l’organisation. Pour l’heure, les travaux de recherche compensent ce manque par l’utilisation de données similaires aux États-Unis. Mais puisque l’un des principaux effets de la transition écologique sera la réorganisation de la production et qu’au sein de l’UE, nombre de pays sont susceptibles de suivre des trajectoires différentes, le manque de données adéquates pourrait vite se révéler problématique pour construire des politiques fondées sur des éléments factuels.

Vaste chantier, donc. Mais l’OCDE reste optimiste : les projections révèlent qu’une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE à horizon 2030 est possible sans perte de perspectives globales sur le marché du travail. Voire, elle pourrait être accompagnée d’une légère appréciation de l’emploi. Toutefois, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne. Les différents trains de mesure devraient entraîner une baisse globale de l’emploi des travailleurs manuels. D’où l’intérêt d’encourager une meilleure adéquation entre l’offre et la demande sur les marchés du travail découlant de ces politiques.

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