Publications, Résultats / Coty / Laurent Mercier / Parfumerie / cosmétique / Résultats trimestriels
Publications, Résultats
Coty / Laurent Mercier / Parfumerie / cosmétique / Résultats trimestriels
Coty fait mouche grâce à ses parfums de luxe / L'horizon est dégagé pour le reste de l'exercice, les prévisions sont relevées
L’exercice de Coty démarre à grande vitesse. Après avoir signé son entrée à la Bourse de Paris à la toute fin du mois de septembre, juste avant le terme du premier trimestre de son exercice fiscal 2024, le groupe de cosmétique et parfumerie né dans la capitale française a fait état de résultats placés sous le signe de la croissance, après la clôture de Wall Street hier soir. Son chiffre d’affaires a progressé de 18 % à périmètre et taux de change constants, à 1,64 milliard de dollars. Une progression "supérieure à celle du marché de la beauté et de celle nos concurrents", se félicite le directeur financier du groupe, Laurent Mercier, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Coty est en effet bien implanté sur ses deux jambes, soit d’un côté la division "Prestige" et de l’autre, la "Consumer Beauty". La première, l’une des priorités stratégiques de la société dirigée par Sue Nabi, regroupe entre autres les marques de parfumerie et cosmétique (propriétaires ou sous licence) Gucci, Lancaster, Burberry, Hugo Boss, Calvin Klein, Chloé, Infiniment Coty, Miu Miu… la liste est significative, la croissance l’aura aussi été. Celle-ci a enregistré une hausse de 22 % sur un an au terme du premier trimestre, à 1,06 milliard de dollars, portée par les ventes de parfums de luxe qui se sont appréciées d’environ 25 %.
Un triple effet
Le résultat d’une croissance équilibrée, pour Laurent Mercier : "Nous avons tout d’abord bénéficié d’un effet volume : concrètement, sur le "Prestige", les innovations lancées ce trimestre ont surperformé. Burberry Goddess est notre plus gros lancement et nous a permis d’acquérir de fortes positions sur tous nos marchés majeurs. L’amélioration du mix des ventes a aussi été poursuivie, avec une véritable montée en gamme. Auparavant, le mix se portait davantage sur les eaux de toilette, désormais les eaux de parfum ont aussi un effet positif. Au sein du portefeuille de marques, les sept principales ont une croissance supérieure à 20 %. Enfin, l’effet prix a aussi contribué à cette augmentation du chiffre d’affaires, puisque nous avons fait passer des hausses ciblées".
Une progression de la division haut de gamme de Coty pas nécessairement intuitive, dans une période d’inflation où les consommateurs surveillent de près leurs dépenses. Mais les investissements dans l’innovation ont porté leurs fruits. "Les produits sont plus concentrés. Pour Burberry Goddess par exemple, le succès s’explique aussi par la qualité du jus et le savoir-faire de Coty", précise Laurent Mercier. Au total, le segment "Prestige" a représenté 65 % des ventes de Coty au premier trimestre. La division "Consumer Beauty" (Bourjois, Rimmel, Covergirl…) a quant à elle vu son chiffre d’affaires augmenter de 10 %, à 576, 7 millions de dollars, grâce à une trajectoire dynamique des ventes en ligne de 25 %.
Une inquiétude relative
La marge brute s’est néanmoins tassée, comme anticipé par Coty. À 63,5 % au titre du premier trimestre de 2024, elle a reculé de 60 points de base sur un an. En cause, une inflation du coût des ventes d’environ 2 % du chiffre d’affaires, la normalisation des coffrets cadeaux de parfums en pourcentage du mix des ventes et un effet de stock dans la division "Prestige". Pour autant, la direction affiche sa confiance à propos de son rétablissement sur la seconde moitié de l’exercice. "Le travail d’amélioration du mix continue et toutes nos innovations ont de très belles marges brutes. Nous allons poursuivre les hausses de prix ciblées et nos chantiers de productivité sont bien en marche. Enfin nous assistons, par rapport aux deux dernières années, à un ralentissement de l’inflation sur les matières premières et les transports, même si elle reste présente sur toute la partie coûts fixes", assure Laurent Mercier.
Pour le reste, les résultats sont dynamiques. Le bénéfice d’exploitation ajusté a atteint 302,2 millions de dollars, soit une hausse de 21 % sur un an. Et l’excédent brut d’exploitation ajusté, à 360,3 millions de dollars, s’est apprécié de 17 %. Mais la hausse du bénéfice d’exploitation ajustée aura été rattrapée par un impact négatif de 58 millions de dollars, "de l’évaluation à la valeur de marché du swap d’actions, reflétant un prix de l’action Coty plus bas à la fin du premier trimestre qu’au début du trimestre, ainsi que par un impact fiscal discret et unique de 24 millions de dollars provenant d’un changement du taux statutaire suisse", a expliqué le groupe à l’occasion de la publication. Ce faisant, le bénéfice net ajusté du premier trimestre de 2024 de 74,1 millions de dollars s’affiche en recul par rapport aux près de 93 millions de dollars enregistrés une année auparavant.
Plus de cash et moins de dette
Par ailleurs, Coty est parvenu à générer des liquidités au cours des trois premiers mois de son exercice. Le flux de trésorerie disponible a atteint 124 millions de dollars, avec près de 36 millions de dollars de plus qu’au premier trimestre de l’exercice fiscal 2023. "La génération de cash organique est notre premier levier pour gérer le désendettement. Le produit de notre introduction à la Bourse de Paris sera d’ailleurs visible au deuxième trimestre", précise Laurent Mercier. De fait, la dette financière nette s’est contractée de près de 100 millions de dollars, à 3,9 milliards de dollars. Le ratio de levier financier s’affiche à environ 3,8 fois à la fin du premier trimestre et ne tient donc pas encore compte du produit de l’émission d’actions secondaires tiré de l’introduction de Coty sur le segment professionnel d’Euronext Paris. Une occasion à laquelle le groupe a levé 339,2 millions d’euros (362,2 millions de dollars).
Alors le groupe affiche sa confiance pour la suite et a revu ses objectifs annuels à la hausse. La croissance du chiffre d’affaires annuel est anticipée dans une fourchette de 9 % à 11 % (contre 8 % à 10 % précédemment), l’Ebitda ajusté devrait se situer entre 1,08 et 1,09 milliard de dollars. Le haut de la prévision avait auparavant été fixé à 1,05 milliard de dollars. Et les axes stratégiques restent les mêmes : accélérer dans la parfumerie de luxe et le maquillage de prestige, renforcer le portefeuille de soins de la peau dans les deux divisions ou encore développer l’activité en Chine et dans le commerce de voyage. "Notre force, c’est que nos axes stratégiques ne changent pas. Ils restent tels que Sue Nabi les avait définis à son arrivée à la direction de Coty en 2020. Bien-sûr, ils peuvent être ajustés à la marge en fonction de la dynamique : nous nous appuyons par exemple davantage qu’avant sur le "Prestige" féminin parce que les produits de nos marques surpassent, en termes de performances, le reste du marché", fait valoir Laurent Mercier.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

