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Airbus / Guillaume Faury
Airbus veut croire en des cieux plus dégagés / Pratt & Whitney rend la visibilité quelque peu incertaine
"Un environnement mondial de plus en plus complexe " et des tensions qui " devraient persister dans la chaîne d’approvisionnement à mesure que progresse la montée en cadence de la production". Pragmatique, Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus est bien conscient des difficultés auxquelles le groupe d’aéronautique et de défense est toujours confronté. Mitigés, les résultats du troisième trimestre publiés jeudi par le groupe ne donnent pas non plus la meilleure résonance à des ambitions financières cependant confirmées.
L’avionneur vise toujours pour cette année un résultat opérationnel (Ebit) ajusté - l’indicateur clé de la rentabilité du groupe - de 6 milliards d'euros et un flux de trésorerie avant fusions-acquisitions et financements clients de 3 milliards d'euros. Et ce, alors que le groupe a de prime abord pourtant déçu au troisième trimestre avec un Ebit ajusté de 1,01 milliard d’euros là où le consensus des analystes tablait sur 1,14 milliard d’euros.
Mais comme le décalage par rapport aux attentes a pour origine des charges de 0,4 milliard d’euros liées à la révision des coûts de certains programmes de développement de satellites, les choses se présentent en réalité sous un angle rassurant. "L’activité sous-jacente est saine car l'écart a été causé par ce que nous considérons comme une charge exceptionnelle", notent ainsi les analystes de Jefferies. Un diagnostic partagé par le bureau Oddo BHF, qui juge qu’en dehors de cet élément, le troisième trimestre est "solide avec un Ebit ajusté d’Airbus Commercial 3,5% au-delà des attentes à 960 millions d’euros".
La confirmation de l’objectif de livraison de 720 avions commerciaux retient au moins tout autant l’attention. Il s’agit en effet du point d’incertitude récurrent, surveillé à chaque décompte mensuel des commandes et livraisons. Le défi de servir la forte demande de l’après-Covid fait toujours face à de nombreux obstacles. Entre les tensions géopolitiques, l’explosion du prix de l’énergie et des matières premières, le manque de composants électroniques, la pénurie de compétences et les perturbations logistiques, le redécollage de la production reste freiné par de nombreuses tensions au sein de la chaîne d’approvisionnement.
Les progrès sont graduels mais lents. Sur le segment des gros-porteurs, l’entreprise a annoncé jeudi un relèvement de sa cadence de production de l’A350 pour passer à dix avions par mois en 2026, visant toujours une cadence de quatre appareils pour l’A330 en 2024. Un signal rassurant "mais cela reste un point positif lointain", remarque Deutsche Bank.
Sachant que la visibilité sur la fin 2023 et l’année 2024 repose en bonne partie sur les livraisons du moteur GTF de l’américain Pratt & Whitney, objet de nombreuses questions lors de la conférence téléphonique avec les analystes. Auxquelles le groupe a répondu en indiquant que Pratt & Whitney lui avait confirmé à plusieurs reprises qu’il honorerait ses engagements contractuels.
Difficile néanmoins d’écarter tout risque, d'autant que Pratt & Whitney est confronté depuis cet été à un problème de qualité sur ce moteur équipant ces centaines d’A320neo, nécessitant un rappel et des réparations. Comme le fait remarquer JP Morgan, il "très difficile de l’extérieur d'évaluer si Pratt respectera ou non ses engagements". La banque américaine estime qu’Airbus livrera 800 appareils l’an prochain, une prévision un peu moins optimiste que celle du consensus de 826 appareils.
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