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Soitec / Semiconducteurs / semi-conducteurs
Après le trou d’air, Soitec reprend sa trajectoire de croissance / Le mobile rebondit et l’automobile progresse toujours
Il est des révisions en baisse de perspectives mieux accueillies que d’autres. Le spécialiste français des matériaux semi-conducteurs innovants s’attend finalement à voir son chiffre d’affaires reculer de l’ordre de 5% sur son exercice à cheval sur 2023 et 2024, et non plus rester stable comme il le prévoyait auparavant. En parallèle, la marge de l’entreprise devrait s’établir "autour de 35%", et non plus "autour de 36%".
La raison ? "Nous constatons [...] que l'absorption des stocks de RF-SOI par nos clients durera plus longtemps qu'initialement anticipé ", a expliqué Pierre Barnabé, le directeur général de Soitec. Les substrats sont les plaques sur lesquelles sont gravés puis découpés les circuits de composants électroniques. Dans la palette des produits de Soitec, la technologie RF-SOI en silicium sur isolant est celle dédiée aux applications de radiofréquence pour smartphones. Un marché qui se révèle plus faible que prévu cette année. Selon les dernières indications d’instituts de recherche, les ventes mondiales de smartphones devraient en effet enregistrer un recul d’au moins 5% en 2023, au lieu de la stabilité envisagée initialement. Une situation connue qui explique la relative absence de déception des investisseurs face à cette mise à jour de l’entreprise, le cours de Bourse de Soitec progressant jeudi de près de 2%; à 167,55 euros.
Aux yeux des analystes de Jefferies, cette révision des prévisions constitue d'ailleurs plutôt une bonne chose. Notamment parce qu’ "elle devrait contribuer à renforcer la crédibilité de l'équipe de direction ", qui n’est pas en place depuis très longtemps, la prise des commandes de l’entreprise par Pierre Barnabé datant seulement de l’été 2022. Et ce alors que la situation s’améliore. Si le premier semestre a été dans l’ensemble moins bon qu’escompté, "le rebond du deuxième trimestre a été aussi fort que prévu", poursuit le bureau d’analystes. Le chiffre d’affaires s’est envolé de 56% au deuxième trimestre par rapport au premier, tiré justement par la division Communications Mobile (+91%), grâce à une moindre correction des niveaux de stocks et à la pénétration croissante de la 5G et des normes les plus évoluées de Wifi (6E et 7) dans les appareils haut de gamme.
Point bas
De quoi laisser espérer que le segment du mobile pourrait avoir passé son point bas, ce qui serait effectivement une bonne nouvelle dans la mesure où il demeure le débouché le plus important de l’entreprise (il représentait les deux tiers des ventes à l’exercice 2022-2023). Et ce, tandis que la division automobile continue de connaître une croissance impressionnante (de 31% au premier semestre sur un an), la division des objets intelligents étant plus faible (-6%).
La fin de l’exercice en cours étant balisée, les investisseurs vont se tourner de plus en plus vers le suivant (2024-2025). "La phase de transition est déjà en train de se terminer pour Soitec qui doit renouer avec une légère croissance organique au second semestre avant d’accélérer significativement l’année prochain", prévoit le cabinet Oddo BHF, soit le scénario privilégié depuis déjà plusieurs mois.
D’ici là, une autre bonne nouvelle pourrait survenir. Les analystes guettent en effet l’annonce d’un deuxième client (en plus de l’accord déjà signé avec STMicroelectronics) pour sa technologie SmartSiC dédiée à la production de "tranches" en carbure de silicim (SiC), ce composé clé des véhicules électriques, leur permettant de gagner en puissance et en autonomie. Une annonce qui pourrait tomber "avant la publication des résultats annuels en avril prochain", estime le cabinet Stifel.
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