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Macro-économie / Taux / France / Conjoncture / Inflation / croissance

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France : en route vers la stagflation ? / Les pressions inflationnistes demeureraient fortes tandis que l’activité se dégrade

Le moral des chefs d’entreprise atteindrait un plancher depuis le printemps 2021, d’après l’Insee, qui rapporte également que le climat de l’emploi est sur la pente descendante. En parallèle, une enquête menée par S & P Global et Hamburg Commercial Bank indique que l’inflation française pourrait rester élevée plus longtemps que prévu.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le mois de novembre enverrait de multiples signaux inquiétants pour l’économie française. Le climat des affaires s’est établi à son plus bas depuis avril 2021, une période pendant laquelle l’Hexagone était aux prises avec le troisième confinement, montrent des données publiées par l’Insee. Il s’est affiché à 97 points soit 3 points en dessous de sa moyenne de long terme (100 points), après 98 points en octobre. Cette dégradation résulte notamment de la détérioration de la situation conjoncturelle dans le commerce de gros et de détail, soulignent les économistes de l’institut statistique.

"C’est un signe supplémentaire de la détérioration des perspectives d’activité pour les prochains mois. Un ralentissement de la croissance est attendu", avance Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, qui juge que le Produit intérieur brut (PIB) en volume devrait stagner au quatrième trimestre. Pour mémoire, ce dernier avait progressé de 0,1 % entre juillet et septembre, par rapport au trimestre précédent. "En raison d’un point de départ faible, la croissance moyenne 2024 risque d’être faible, et bien inférieure à la prévision du gouvernement de 1.4 %", prévient l’économiste, qui anticipe une croissance de 0,6 % l’an prochain.

L’autre élément peu reluisant qui ressort des enquêtes de l’Insee concerne le marché du travail. En effet, le climat de l’emploi se situe lui aussi à un plancher depuis le printemps 2021, atteignant 100,6 points, un chiffre qui reste malgré tout au-dessus de sa moyenne de long terme (100 points). Cette baisse résulte en grande partie de la diminution du solde d’opinion concernant l’évolution à venir des effectifs dans les services (hors agences d’intérim), précise l’Insee. Cette dégradation sur le front de l’emploi est cohérente avec les récentes données qui montraient que, pour la première fois depuis bien longtemps, des destructions nettes de postes dans le secteur avaient eu lieu en France cet été. D’après la Banque de France, les destructions nettes (de l’emploi total) devraient s’établir à 60 000 en 2024.

Enfin, une mauvaise nouvelle se fait aussi jour du côté des prix à la consommation. L’étude mensuelle menée par S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI) rapporte que l’atténuation des tensions inflationnistes affectant l’Hexagone se trouve quelque peu freinée en novembre. Il est mis en évidence le maintien de fortes pressions sur les coûts des entreprises, notamment dans le secteur des services où "l’augmentation des salaires et l’inflation générale ont poussé à la hausse les prix payés". En conséquence de quoi, le taux d’inflation s’est redressé à son plus haut niveau depuis juin, indique l’enquête.

"Le risque inflationniste reste bien présent en France", avertit Norman Liebke, économiste à la Hamburg Commercial Bank, qui estime que les statistiques officielles sur l’inflation pourraient se maintenir à des niveaux plus élevés, et sur une durée plus longue, qu’on ne l’avait initialement anticipé. En octobre, la hausse annuelle des prix à la consommation s’était établie à 4 % et devrait atteindre 4,4 % en décembre. D’après le projet de loi de finances 2024, le gouvernement s’attend à ce qu’elle s’affiche à 2,6 % en moyenne l’an prochain.

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