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Les notations de luxe de LVMH / Quand Moody’s s’aligne sur Standard & Poor’s
Figurant tout en haut de la hiérarchie du luxe mondiale, LVMH dispose aussi d’une situation financière de tout premier ordre. Et sa notation auprès des agences de notation est désormais totalement à l’avenant. En relevant jeudi sa note de la dette à long terme de l’entreprise dirigée par Bernard Arnault de "A1" à "Aa3", Moody’s a fait passer le groupe dans la catégorie supérieure dite high grade des signatures de haute qualité, quittant le segment de qualité moyenne supérieure (ou upper medium grade). Un saut déjà effectué il y a presque un an par sa consoeur Standard & Poor’s, qui avait relevé sa notation de A+ à AA-.
Cette notation de haute qualité distingue LVMH de la concurrence. Par comparaison, Kering, le numéro deux mondial du luxe, est noté "A" par Standard & Poor’s, qui attribue une note "A+" au numéro trois, le suisse Richemont. Car si d’aucuns ont pu récemment s’émouvoir du ralentissement de la croissance du secteur du luxe, qui s’est reflétée dans une correction des valorisations en Bourse, LVMH fait montre de qualités spécifiques qui lui permettent de sortir du lot. En particulier sa "résilience dans les périodes plus difficiles", souligne Moody’s.
A cet égard, l’agence ne cache pas que la gouvernance de l’entreprise est pour beaucoup dans sa décision de relever sa notation. Moody's soulignant "un historique de solide exécution opérationnelle, y compris pendant la pandémie, lorsque LVMH a continué à générer des flux de trésorerie robustes". Alliée à "une politique financière conservatrice", cette solide génération de cash a contribué au rapide désendettement du groupe à la suite de l'acquisition du joaillier Tiffany, et donc au renforcement de son profil financier.
Effet de levier modéré
L’occasion aussi pour Moody’s de mettre en avant la saine gestion du bilan de l’entreprise, constatant que "ces dernières années, LVMH a fonctionné avec un faible effet de levier et une politique de dividende stable". Et ce, tout en procédant à des rachats d'actions limités, "ceux-ci n'étant pas prioritaires dans l'allocation du capital du groupe".
Ce cercle vertueux est appelé à se poursuivre. Dans un secteur porté par la croissance des classes moyennes et supérieures et la pénétration accrue des produits de luxe sur plusieurs grands marchés, l’agence prévoit que "la stratégie d'élévation de la marque et son pouvoir de fixation des prix continueront d'alimenter la croissance des revenus de LVMH ". Selon ses calculs, cette croissance s'établira entre 5 et 10 % en moyenne en 2024 et 2025.
Dans le même temps, Moody's s’attend à ce que le ratio de levier – rapportant la dette à l’excédent brut d’exploitation ou Ebitda – de l’entreprise poursuivre sa décrue. De légèrement inférieur à 2 fois en 2023, il "diminuera progressivement jusqu'à environ 1,6 ou 1,7 fois au cours des 12 à 18 prochains mois", estime l’agence.
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