Macro-économie / Taux / Russie / embargo / France / Exportations
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Russie / embargo / France / Exportations
L’embargo imposé à la Russie nuit peu aux exportations hexagonales / Le contournement des sanctions n’y est pas étranger
Mois après mois, les paquets de sanctions envers l’économie russe ont été actés par l’Union européenne (UE). Bruxelles a cherché à priver Moscou des moyens nécessaires à son invasion de l’Ukraine et les contreparties pour l’économie française ont été limitées concernant ses exportations. Le centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) vient de dévoiler une publication qui traite de la question et révèle qu’uniquement " 2,4 % des exportateurs français […] exportaient en 2021 des produits qui seront sanctionnés en 2022 ".
Certains flux ont également pu être redirigés par les autorités russes, comme en atteste la publication lorsqu’elle évoque "qu’une partie des exportations semble détournée vers les pays voisins de la Russie, ce qui réduit le coût des restrictions et de l’incertitude liée à la guerre pour les entreprises françaises". L’efficacité des sanctions en est amoindrie mais le coût pour l’économie hexagonale l’est tout autant. Puisque là où les "exportations françaises à destination de la Russie ont diminué de 52 % entre 2021 et 2022, celles vers le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizistan ont augmenté de 85 %, 62 % et 44 % respectivement". Un constat inchangé qu’on observe uniquement les produits sous sanctions, ou ceux qui en sont exempts. Le onzième paquet de sanctions européennes en date du 23 juin 2023 a intégré un outil permettant de limiter l’effet de ce contournement dont les effets seront à apprécier dans le temps.
Concentrés
Il faut dire que les sanctions prises à l’encontre du régime de Vladimir Poutine n’ont pas touché l’ensemble des flux en direction de la Russie. Les auteurs du CEPII avancent cependant que "la rupture dans la relation commerciale avec la Russie va au-delà des sanctions aux exportations : un quart de la chute des exportations concerne des produits non sanctionnés", ce qui ne les empêche pas d’avancer que "la perte de marché reste limitée".
À en lire l’étude, il était prévisible d’avoir des conséquences limitées étant donné que si "l’ensemble des produits soumis aux sanctions correspond à moins de 1 % de la valeur des exportations françaises de 2021 (0,8 %), soit environ 4 milliards d’euros", c’est en grande partie en raison de "la place modeste qu’occupe la Russie dans les exportations françaises (1,3 %, soit 6,4 milliards d’euros) ".
Première ligne
La construction du régime de sanction a de fait pénalisé certains secteurs plutôt que d’autres ; sont mises en avant les "2,4 % des exportations de matériel de transport (y compris aéronautique) qui sont touchées par les restrictions d’exporter vers la Russie ". Les secteurs du matériel de transport, de la chimie et des machines totalisent à eux seuls près de 82 % du commerce interdit par les embargos successifs.
Autre chiffre dévoilé par les auteurs du CEPII, pour les entreprises impactées par les sanctions : il s’avère que "la Russie représente en moyenne 8,7 % des exportations de ces entreprises", à la nuance près que pour "plus de la moitié des entreprises cette part se situe en dessous de 1 %, mais elle peut atteindre 100 % pour plus de 100 entreprises (57 d’entre elles n’exportant que des produits sanctionnés) ". À partir de ces différents constats, il est argué que " le choc a agi davantage sur la probabilité des entreprises françaises d’exporter vers la Russie que sur le montant des flux exporté ".
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