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Luca de Meo / Renault / ACEA / Association des constructeurs européens automobiles
Luca de Meo prône une approche globale face aux défis de l’industrie automobile / Les constructeurs européens ont leur manifeste
"L’Europe doit adopter de toute urgence une approche globale face aux défis de l’industrie automobile". Réélu vendredi à la tête de l’Association des constructeurs européens d’automobile, Luca de Meo était porteur d’un message important. Celui à qui ses pairs ont confié un second et dernier mandat d’un an en tant que président présentait pour l’occasion un manifeste, déclinant une feuille de route accompagnée de recommandations pour les atteindre. Mus par l’impératif de réussir "la révolution de la mobilité " et de promouvoir "une industrie européenne compétitive", et à l’approche des élections européennes de l’année prochaine, les principaux acteurs européens du secteur cherchent logiquement à se faire entendre à Bruxelles.
"Le prochain Parlement et la prochaine Commission vont jouer un rôle central" a souligné ainsi le patron de Renault et de sa toute nouvelle filiale électrique Ampere, au moment même où "l’Europe et son industrie automobile se trouvent désormais à un tournant ". Pourquoi ? Parce que l’Europe va devoir faire face à un tsunami de défis réglementaires dans les prochaines années, tels que la loi sur l’industrie net-zéro, la réglementation sur les composés chimiques synthétique dits "PFAS" en cours d’élaboration, les normes d’émission de CO2 pour les véhicules légers. Ou encore l’entrée en vigueur du règlement sur les grosses batteries et du règlement général sur la sécurité, entre autres.
Repenser le cadre réglementaire
Soit huit ou neuf réglementations européennes qui entreront en vigueur chaque année jusqu’en 2030, et ce alors que "trop souvent, l’Europe a accumulé des réglementations parfois contradictoires ", a rappelé Luca de Meo. Comme par exemple en décidant l’interdiction progressive des moteurs à combustion interne (ICE) à partir de 2035 tout en poussant l’adoption d’une nouvelle réglementation Euro 7 sur les émissions de gaz d’échappement, très coûteuse et n’apportant pas d'avantages environnementaux. D’où la nécessité de repenser le cadre réglementaire, de sortir d’une logique d’accumulation des règlements en développant une stratégie plus cohérente de planification.
Pour les constructeurs européens, "la nécessité de décarboniser ne fait aucun doute : l’avenir de notre planète est en jeu ", soulignent-t-il dans leur manifeste, bien conscients que le secteur vit sa plus grande transformation depuis plus d’un siècle, pleinement engagé dans les objectifs climatiques de Paris et investissant massivement dans la transformation verte. Et si ce changement de paradigme s’opère essentiellement au travers de l’électrification du parc automobile, il n’en demeure pas moins important à leurs yeux de "faire de la neutralité technologique un principe directeur". Lorsqu’il s’agit de définir la mobilité du futur " les ennemis sont le CO2, la pollution, le bruit, les embouteillages, etc., et non une technologie ou une autre", a tenu à réaffirmer Luca de Meo.
A côté de cela, les constructeurs automobiles réclament une politique industrielle véritablement globale. " L’Europe doit de toute urgence adopter une approche cohésive des défis de l’industrie automobile, englobant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’amont à l’aval. Autrement dit, au-delà des frontières traditionnelles du secteur. Car les vrais enjeux transcendent désormais les secteurs classiques : automobile, mines, énergie, industrie des infrastructures, etc.", a aussi expliqué le dirigeant.
Pour une concurrence équitable
Par ailleurs, alors que la Commission a récemment lancé une enquête anti-subventions sur les voitures électriques chinoises, les constructeurs automobiles européens réclament un cadre leur garantissant de rester compétitifs et "sur un pied d’égalité à l’échelle mondiale ". Bien sûr, " la concurrence est très saine"; a souligné Luca de Meo, mais si la concurrence implique des marchés mondiaux ouverts, elle "nécessite tout autant des règles commerciales libres et équitables", a-t-il ajouté. L’enjeu économique est évidemment majeur, l’industrie automobile représentant autour de 13 millions d’emplois en Europe, avec une contribution au PIB de l’Union européenne de 7 % au PIB de l’UE, avec une balance commerciale excédentaire de plus de 100 milliards d’euros et rapportant plus de 390 milliards d’euros de recettes publiques.
En parallèle, le développement du marché des véhicules à zéro émission ne fera pas l’économie d’un important travail sur la demande. Outre la construction d’infrastructures de recharge électrique et de remplissage d’hydrogène, il est important aussi de développer des incitations à l’achat. Le patron de Renault et de l’ACEA d’évoquer à ce propos le succès du concept des "kei cars", ces mini voitures japonaises aux dimensions et à la puissance réduites, bénéficiant de taxes allégées. "C’est l’exemple parfait du genre de choses que nous devrions également pouvoir faire en Europe", a estimé le dirigeant, dans ce qui constitue peut-être une allusion au bien-fondé de la politique produits de son entreprise.
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