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France / Education / Finances publiques
L’inefficience éducative française coûte cher aux finances publiques / La France obtient de piètres résultats au vu des moyens déployés
"Plusieurs défaillances perdurent, aussi bien en ce qui concerne la mission de transmission d’un socle de connaissances commun que dans la préparation aux besoins du monde du travail." L’Institut économique Molinari (IEM) déplore dans sa dernière étude que les lourds moyens investis par la France dans l’éducation ainsi que dans la formation ne se traduisent pas par un usage efficient des sommes débloqués. C’est près de 9,4 % de la dépense intérieure d’éducation de 2018 qui aurait pu être économisée si l’Hexagone avait été aussi efficace dans l’usage des fonds alloués à ces deux secteurs.
Le classement du pays effectué par l’IEM s’inscrit dans le contexte de "nombre d’enquêtes internationales [qui] montrent que les résultats français sont moyens, qu’il s’agisse du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 4 ou de Trends in International Mathematics and Science Study (TIMMS)". Le classement réalisé par les équipes de l’institut classe la France "à la 22ème place sur les 30 pays d’Europe étudiés ". L’une des rares bonnes nouvelles telles qu’une part des diplômés du supérieur chez les 25-34 ans qui "est significativement supérieure à la moyenne européenne (50 % contre 45 %)", est aussitôt tempéré par le fait que "le taux de chômage des jeunes est plus élevé (8,2 vs 6,5 % pour les 25-34 ans en 2022)".
Lueur d’espoir
Plusieurs pistes d’améliorations sont cependant proposées par l’étude afin de faire face aux "mauvais résultats aux évaluations internationales, tout comme les importants taux d’inadéquation des compétences, de surqualification ou de jeunes ni scolarisés, ni employés, ni en formation (NEET) [qui] mettent en évidence la décorrélation des dépenses publiques avec la performance du système". Afin d’y remédier plusieurs propositions sont formulées allant de " laisser une plus grande autonomie aux établissements, aussi bien en termes d’organisation, que de recrutement et de choix des méthodes ", à la poursuite des mesures "visant à améliorer l’adéquation de la formation à l’emploi, pour casser la spirale inflationniste qui conduit à augmenter la durée des études pour se signaler vis-à-vis des employeurs" en passant par la réduction des "coûts cachés associés à l’imprévoyance de l’État en matière de gestion de personnels, en provisionnant les retraites des nouveaux enseignants et personnels administratifs de droit public".
L’objectif de ses différentes actions est de sortir la France de l’ornière dans laquelle elle se situe, les calculs effectués par l’IEM aboutissant au résultat que l’Hexagone "est 27e sur 30 au niveau du rapport coût-efficacité de l’enseignement supérieur". En prenant l’exemple d’une optimisation du rapport coût efficacité, tels que c’est le cas à dans les systèmes grec, islandais, letton ou maltais, il est argué que "la France pourrait atteindre le même niveau d’intégration des jeunes du supérieur avec des dépenses 12,1 % inférieures à ce qu’elles sont aujourd’hui".
Retard important
Sur d’autres points la France a déjà pris en compte ses faiblesses prenant l’exemple "des pays les plus performants dans l’insertion professionnelle des jeunes diplômés – du secondaire comme du supérieur – [qui] ont pour la majorité un système de formation professionnelle, d’apprentissage, et d’alternance considéré comme efficace par les employeurs et les élèves". Ce temps de retard n’est pas sans conséquence, la mise en place de réformes de grande ampleur concernant l’apprentissage est considérée comme "une réussite incontestable" au vu de l’augmentation du nombre d’apprentis. Le coût de cette politique est conséquent néanmoins, " l’apprentissage a coûté 16 milliards en 2021 et 20 milliards en 2022 en raison de son développement non ciblé, y compris dans le supérieur ".
Autre écueil pour l’Hexagone, le lourd coût du paiement des cotisations retraite employeurs qui représentaient " 29 % des ressources de l’Education nationale en 2019". Là où "les pensions absorbaient en moyenne 9 % des dépenses d’éducation dans les 22 pays de l’UE membres de l’OCDE ", un "surcoût français de dépenses lié aux retraites des fonctionnaires [qui] représentait 15 milliards d’euros en 2019, si l’on compare la France à la moyenne européenne". Cette problématique explique selon l’IEM que " la France a des dépenses de personnel éducatif supérieures à la moyenne, sans que les salaires nets soient particulièrement attrayants". En définitive, ce phénomène contribue ainsi à nuire au "rapport qualité prix des prestations éducatives, ce qui contribue au moins bon rapport qualité prix de l’éducation et de la formation française mis en évidence dans ce travail ".
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