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Macro-économie / Taux / Banque de France / Finances publiques / Bercy

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Banque de France / Finances publiques / Bercy

La gabegie des dépenses publiques continue

La Direction générale du Trésor vient de publier son scénario d'évolution des finances publiques à moyen terme : la dette de l'Hexagone devrait rester supérieure à 117% du PIB en 2025 et le déficit tout juste repasser sous les 3% à cette échéance.
François Villeroy de Galhau
François Villeroy de Galhau

Il y a les dépenses liées à la Covid et celles liées au fonctionnement de l'État. Certes, il est normal que les pouvoirs publics aient ouvert les vannes pour soutenir l'économie de l'Hexagone en plein marasme épidémique. Mais rien ne justifie que, dans le même temps, les dépenses classiques de l'État progressent davantage qu'au cours des dix dernières années. Dans une interview à France Inter samedi matin, le gouverneur de la Banque de France a ainsi estimé que le niveau de croissance des dépenses publiques françaises avait atteint un niveau d'alerte, appelant à mieux les maîtriser. "Nous ne pouvons pas tout nous offrir, tout le temps", a-t-il insisté, rappelant à ce titre qu'un dérapage durable des dépenses publiques ferait grimper les taux d'emprunt de l'Hexagone, augmenterait le coût de la dette française, voire dans un cas extrême empêcherait le pays de continuer à emprunter sur les marchés.

Bercy a justement dévoilé ce week-end son rapport économique social et financier pour 2021, donnant les chiffres clefs des finances publiques de l'Hexagone à moyen terme et notamment l'évolution de l'endettement du pays d'ici 2025. Un chiffrage intéressant vu les milliards dépensés dans le cadre du plan de relance et alors le ministère des finances n'avait jusqu'à présent pas donné d'éléments concernant la trajectoire des finances publiques au-delà de l'an prochain. Or, comme le notait le gouverneur ce samedi, selon ce nouveau document, les dépenses publiques hors mesures de soutien et de relance devraient progresser de 2,9% en volume l'an prochain, soit davantage que les 1% annuels en moyenne au cours des dix dernières années. Une accélération des dépenses qui s'explique notamment par le volet rémunérations du Ségur de la Santé, le rebond attendu de l'investissement local ainsi que la persistance du choc 2020 sur les dépenses conjoncturelles de l'assurance chômage. Et qui devrait naturellement contribuer à peser sur les finances publiques de l'État. 

Ainsi, selon le rapport éconnomique et financier attaché au PLF 2021, la décrue du ratio de dette publique ne commencera qu'en 2025, tandis que le déficit ne repassera sous les 3% du PIB que dans cinq ans. Dans le détail, Bercy anticipe un endettement de 116,2% en 2021, qui devrait légèrement progresser l'année suivante, à hauteur de 116,8% du PIB, avant de culminer autour de 117,8% du PIB en 2024 puis de commencer à décroître, très légèrement seulement, pour atteindre 117,4% du PIB en 2025. Le déficit lui, devrait passer de 10,2% du PIB cette année à 6,7% du PIB en 2021 et continuer à décroître progressivement, à 4,9% du PIB en 2022, puis 4% en 2023 et 2,9% en 2025. 

"Après la nécessaire augmentation des dépenses pour permettre la relance de l'économie, le retour d'une croissance forte étant la première condition de la soutenabilité de l'endettement public, le déficit devra redevenir inférieur à 3% du PIB à horizon 2025", précise ainsi le ministère dans le document. Et d'ajouter, comme en écho aux mises en garde du gouverneur de la Banque de France, qu'il était "indispensable de recouvrer des marges budgétaires pour renforcer la résilience de notre économie et être en capacité d'affronter les chocs économiques susceptibles d'intervenir à l'avenir". Le retour de la croissance (8% de hausse du PIB prévue en 2021, puis 3,5% en 2022, 2% en 2023 et 1,4% les deux années suivantes) ne sera cependant pas suffisant pour rétablir les comptes publics. Et pour résorber le déficit, Bercy prévoit donc également un ajustement structurel de 0,5 point par an à partir de 2023, conformément aux règles européennes observées par la Commission lorsqu'elle évalue la trajectoire des finances publiques de l'État. Au prochain gouvernement donc de faire les efforts nécessaires pour rétablir la barre des finances publiques.

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