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pétrole; gaz; charbon; verdir

Macro-économie / Taux / gaz / transition énergétique / énergies fossiles

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Le gaz a encore son mot à dire dans la transition énergétique européenne / Les secteurs les plus intenses en carbone pourraient y trouver leur compte

L’atout économique indéniable de l’approvisionnement de l’Europe par le gaz russe appartient désormais au passé. Pour autant, le Vieux continent aurait tort de négliger le potentiel de cette source d’énergie, en particulier dans les secteurs utilisant de manière importante des énergies fossiles.
Nord Stream n'est plus qu'un lointain souvenir. STEFAN SAUER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Nord Stream n'est plus qu'un lointain souvenir. STEFAN SAUER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Le mix énergétique européen a été complètement chamboulé par l’invasion russe en Ukraine, l’accès à un gaz bon marché ayant disparu en même temps que le Vieux continent s’opposait aux projets de Moscou. La Fondation Robert Schuman attire l’attention dans un de ses derniers Policy Paper sur la place nouvelle que peut occuper le gaz en Europe. Il n’est plus question d’en faire une clé de voûte de l’économie européenne mais d’en faire usage comme "une énergie de transition".

Les auteurs du rapport rappellent que si "certains usages peuvent se passer complètement du gaz naturel et basculer directement vers l’électricité", ce n’est pas le cas pour l’ensemble des secteurs. Notamment en ce qui concerne "certains encore lourdement carbonés [qui] peuvent bénéficier du gaz naturel pour réduire leur empreinte carbone ". Parmi les secteurs mis en avant, on retrouve le transport collectif et le transport routier de marchandises, ou le transport fluvial et maritime. Cependant l’utilisation à grande échelle du gaz passerait pour le moment par une électrification qui " nécessiterait le recours à des batteries particulièrement lourdes et volumineuses ".

 

S’adapter

 

L’avantage pour ces secteurs d’avoir recours à cette énergie, plutôt qu’à d’autres plus polluantes, reste indéniable pour les auteurs ; elle permet "de se conformer à un environnement réglementaire de plus en plus exigeant ". Notamment en ce qui concerne le "gaz naturel véhicules, conforme à la plupart des zones à faible émission telles qu’elles se développent en Europe et permettant de réduire les émissions du transport routier, du transport public et des véhicules utilitaires".

Cependant la limite du gaz est que le maintien d’une infrastructure de transport et de distribution va devenir de plus en plus coûteux à "mesure que la demande de gaz diminue et se recentre vers certains secteurs". "En parallèle, le développement d’alternatives au gaz va lui-même conditionner sa compétitivité comme énergie de transition", pour y remédier l’une des solutions proposées consiste en la création "de filières de production de gaz verts", qui soient rapidement capables "d’émerger et de produire durablement et à grande échelle un gaz renouvelable local". Un sujet crucial selon Clémence Pèlegrin, chargée de mission à la Commission de régulation de l’énergie et auteure de la publication, qui rappelle que la "multiplication des accords commerciaux avec différents pays exportateurs, sur des contreparties de développement des énergies renouvelables, ne signifie pas en tant que telle une plus grande sécurité pour l’Union européenne, a fortiori lorsque les États membres contractualisent séparément plutôt qu’ensemble".

 

Long chemin

 

Les ambitions européennes sont bien présentes sur ce volet avec "dans le cadre du plan REPowerEU, la Commission européenne a présenté son plan d’action biométhane, qui vise une production de 35 milliards de m3 par an en 2030, par rapport aux 3,5 milliards de m3 produits en 2021". De la même façon l’Hexagone ambitionne de satisfaire 20 % de sa consommation de gaz à la fin de la décennie, là où actuellement c’est uniquement près de 2 %.

Travailler à développer les formes renouvelables et bas carbone du gaz permettrait de développer un triptyque d’avantages. Premièrement en produisant localement, ce qui améliore la souveraineté énergétique du Vieux continent, ensuite la substitution à des énergies fossiles permet d’accélérer la décarbonation de l’économie et enfin on peut espérer "valoriser, via la production d’énergie, des effluents et des déchets divers".

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