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Banque de France / risques financiers

Hausse des taux : la Banque de France s’inquiète des retombées sur les entreprises / Des facteurs de résilience malgré tout

Le risque associé à la soutenabilité de la dette des acteurs non financiers hexagonaux face à la hausse des taux d’intérêt est jugé élevé par la Banque de France et il pourrait s’accroître à court terme. Si le ratio de couverture des intérêts des sociétés non-financières a décru d’un tiers en deux ans, la Banque centrale juge que la trésorerie de ces dernières permet de tenir le choc.
Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France - JULIEN DE ROSA / AFP
Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France - JULIEN DE ROSA / AFP

Les retombées de la forte augmentation des taux d’intérêt sur les entreprises françaises préoccupent la Banque de France. Dans son évaluation des risques sur le système financier français, la Banque centrale a classé comme "élevé" le risque lié à la soutenabilité de la dette des acteurs non financiers hexagonaux face à la hausse des taux d’intérêt et il est attendu en hausse à court terme.

En vue de combattre l’inflation, la Banque centrale européenne a remonté ses taux d’intérêt directeurs de 450 points de base entre juillet 2022 et septembre 2023. "Il s’agit d’une vitesse record ; le précédent cycle de resserrement avait débouché sur une hausse de 200 points de base des taux directeurs ", a déclaré, ce matin, Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, à la suite de la publication du rapport de l’institution de la rue Croix-des-Petits-Champs.

"La transmission en cours de la hausse des taux à l’économie réelle pourrait accroître les vulnérabilités des acteurs non-financiers les plus endettés", écrit la Banque centrale dans son rapport, au sein duquel elle s’est notamment intéressée aux sociétés non-financières. Le coût moyen de financement de ces dernières s’est établi à 4,61 % en octobre 2023 contre 1,21 % deux ans plus tôt. Si la structure de financement à taux fixe a protégé les SNF d’un choc brutal lié à la hausse des taux, elle ne les "prémunit pas contre une augmentation progressive de leur coût de financement", soutiennent les économistes de la Banque de France.

Le rapport indique que 45 % de l’encours des prêts bancaires aux SNF à taux fixe doit être renouvelé entre le deuxième trimestre 2023 et fin 2025, soit 333 milliards d’euros. "Si l’on prend en compte la dette bancaire à taux variable, dont 76 % de l’encours doivent être re-tarifé entre le deuxième trimestre 2023 et fin 2025 (183 milliards d’euros), c’est 53 % de l’encours de dette bancaire des SNF dont le taux d’intérêt doit être réévalué d’ici fin 2025, dont 35 % en 2023", lit-on.

En conséquence de quoi, le resserrement monétaire pourrait continuer de peser sur le ratio de couverture des intérêts. En effet, rapporté aux charges d’intérêts, l’excédent brut d’exploitation (EBE) des SNF est passé de 7,6 au dernier trimestre 2021 à 5,08 au deuxième trimestre 2023. "Compte tenu de ratios de couverture déjà plus faibles que la moyenne en 2021, les PME (ratio de 7,7) et les entreprises des secteurs du commerce (7,6), de la construction (6,6) et de l’agriculture (8) sont les plus exposées à un risque de dégradation de leur ratio ", précise la Banque de France, qui souligne que la trésorerie élevée des SNF constitue un facteur de résilience face à ce phénomène.

Elle l’est en "termes de sources de financement", mais aussi parce qu’elle peut être "porteuse d’intérêts dans le cas des dépôts à terme". Dans le détail, "les intérêts perçus représentent 80 % des intérêts à payer pour les SNF au second semestre 2023, et les intérêts reçus étaient supérieurs aux intérêts à payer en 2021 et 2022, ce qui a permis une couverture face à la remontée des taux pour les SNF françaises", indique la Banque de France, qui rappelle que les charges d’intérêt nettes des intérêts reçus représentaient 2,2 % de l’EBE des SNF, soit "bien moins à ce stade que lors de l’épisode précédent de hausse des taux d’intérêt".

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