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Levées de fonds
Electra / Recharge électrique / Levée de fonds / Eurazeo
Stratégie gagnante pour Electra et ses 304 millions d’euros levés / Des infrastructures et une technologie maison qui font bon ménage
N’en déplaise à une année 2023 qui aura été marquée par un fort ralentissement des grandes levées de fonds, 2024 a déjà un nouveau record en la matière. Electra, start-up spécialiste de la recharge rapide de véhicules électriques, a annoncé ce lundi avoir signé un tour de table de 304 millions d’euros.
Une levée de fonds de série B qui devient la plus importante du secteur en France - dépassant celle 250 millions d’euros bouclée par Driveco au mois de mai dernier. Et qui la place, à l’échelle européenne, à la deuxième place d’un podium dont la première marche reste pour l’instant occupée par l’allemand Ionity et ses 700 millions d’euros levés en 2021.
Ce nouveau tour de table aura permis à Electra de faire entrer de nouveaux investisseurs à son capital. Il y a tout d’abord le gestionnaire de fonds de pension néerlandais PGGM, ayant mené cette opération de financement au travers de son fonds d’infrastructure "PGGM Infrastructure Fund". Mais aussi Bpifrance, par le biais de son fonds Large Venture, qui s’offre, elle aussi, une place sur le banc des actionnaires d’Electra. A ceux-ci s’ajoutent les investisseurs historiques de la start-up co-fondée et dirigée par Aurélien de Meaux, soit Eurazeo via son fonds Eurazeo Transition Infrastructure Fund, Rive Private Investment, SNCF et Serena.
Un modèle d’affaires bien rodé
"Le marché de la recharge électrique est concurrentiel. Il faut y être rapide, agile et efficace. Ce sont des qualités bien présentes chez Electra, qui ne fait aucun compromis sur les différentes briques de son modèle d’affaires", assure Melissa Cohen, managing director Infrastructure chez Eurazeo, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare. De fait, pour lever plus de 300 millions d’euros au cœur d’une période où les investisseurs se montrent plus exigeants, la stratégie lisible de la composante du Next 40 aura eu de quoi convaincre les siens.
Dans le détail, Electra est un acteur de la recharge électrique rapide. L’entreprise a déjà déployé près de 1 000 points de charge en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Italie, en Autriche et en Espagne. Ils sont principalement présents sur les parkings de grandes agglomérations. Mais la start-up a aussi ouvert sa première station de recharge à l’aéroport de Toulouse Blagnac et plusieurs autres sur des aires d’autoroutes. Pour autant, pour tirer son épingle du jeu, "Electra a compris qu’il fallait aller au-delà", observe Melissa Cohen.
Car si les conducteurs de véhicules électriques ont tout d’abord besoin d’une infrastructure de recharge de qualité, la technologie propriétaire de la start-up lui permet aussi de se différencier. "Il faut que l’expérience d’utilisation d’une station soit simple", insiste la managing director Infrastructure d’Eurazeo, qui a misé sur Electra dès 2022. Une exigence qui se traduit par un logiciel propriétaire maison (par ailleurs le premier à avoir pensé à proposer la réservation des points de charge). Résultat : Electra est désormais le réseau de recharge le mieux noté par les utilisateurs de Chargemap, le site cartographiant les bornes européennes.
Des partenaires importants
Cette satisfaction des clients dits finaux s’assortit aussi d’une confiance de grandes entreprises (à l’instar de Vinci Autoroutes, de Stellantis, de G7, de Hertz ou, donc, de l’aéroport Toulouse Blagnac). De quoi permettre à Electra, au travers de partenariats stratégiques, de déployer plus encore ses bornes de recharge et de toucher de nouveaux clients. S’agissant des partenaires fonciers, comme Vinci ou l’aéroport toulousain, "ce sont des contrats de long terme, au titre desquels Electra bénéficie d’une exclusivité d’exploiter ces infrastructures de recharge rapide", explique Melissa Cohen. Reste enfin la brique opérationnelle. "L’organisation interne et le management sont empreints de dynamisme. Cela permet à Electra de se déployer sur un temps court, tout en proposant une infrastructure de qualité et performante",
Et les objectifs pour la suite sont en rapport. Cette levée de fonds servira en priorité à atteindre un nombre de 15 000 points de charge installés en Europe d’ici à 2030. Ce qui nécessitera de déployer d’importants capex. D’où ce besoin de capitaux frais, révélé moins d’un mois après l’annonce d’un financement de 27 millions d’euros en dette bridge, accordé par des fonds gérés par Eiffel Investment Group.
"Ces fonds serviront à construire des actifs, à générer du trafic, des revenus et donc de l’Ebitda", explique Melissa Cohen, qui estime ainsi qu’une rentabilité prochaine apparaît bien réaliste. Le tour de table permettra aussi à Electra à développer de nouveaux services. L’objectif est en tout cas clair : "Cette levée de fonds va permettre à Electra de devenir un des leaders de la recharge rapide en Europe", a assuré le président-directeur général d’Electra, Aurélien de Meaux, à l’occasion de son annonce.
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