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OPEP / AIE / pétrole
L’économie mondiale est encore loin de pouvoir se passer de l’or noir / L’OPEP anticipe une hausse de la demande tant en 2024 qu’en 2025
Le pessimisme n’est pas de mise pour l’Organisation des pays producteurs (OPEP), le cartel s’attend à ce que le commerce mondial retrouve des couleurs cette année et la suivante. Une dynamique qui profiterait à l’or noir, auquel l’économie mondiale ne peut pour le moment substituer des énergies renouvelables en quantité suffisante.
Les vents contraires possibles ne sont pas exclus du scénario de l’OPEP, tout comme ceux favorables. Ces derniers concernent notamment les économies asiatiques où "des mesures de relance supplémentaires prises par les gouvernements", pourraient aboutir à ce qu’elles dépassent "la contribution actuellement prévue à la croissance économique mondiale en 2024 et 2025 ". De même il est espéré une dynamique soutenue aux États-Unis tout au long de ce laps de temps qui puisse " se traduire par une croissance économique supérieure aux attentes actuelles".
Verre à moitié plein
À l’inverse, du côté de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), on juge que la " demande mondiale de pétrole devrait voir sa croissance ralentir fortement en 2024", passant d’une hausse de 2,3 mb/j 2023 à 1,2 mb/j en 2024, "sous l’effet des difficultés économiques" combinées aux "progrès de l’efficacité énergétique et de l’essor du parc de véhicules électriques dans le monde ".
Le marché pétrolier est également imaginé comme moins sous tension pour l’année à venir, puisque "sauf perturbations significatives des échanges de pétrole, le marché apparaît raisonnablement bien approvisionné pour 2024, une hausse de la production plus forte qu’attendue dans les pays non OPEP + devant dépasser avec une marge confortable la croissance de la demande". Les troubles géopolitiques n’en sont pas éludés pour autant et il est rappelé que "le risque de perturbations de l’offre venue du Moyen-Orient reste élevé, particulièrement pour les échanges transitant par la mer Rouge et, particulièrement, le canal de Suez". Ce sont près 10 % des échanges pétroliers transporté par voie maritime qui empruntent ce passage. Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, s’est également inquiété lors du Forum de Davos des " barrières commerciales [qui] peuvent bien être un facteur de ralentissement de la transition mondiale vers des énergies propres".
Expectative
Pour le marché, pas de raison de s’inquiéter de ces vues divergentes, Yeap Jun Rong, Market strategist chez IG, jugeant que "les prix du Brent restent globalement coincés dans une fourchette comme ils l’ont été au cours des deux dernières semaines, alors que les participants au marché s’efforcent de peser les dynamiques mixtes de l’offre et de la demande avec les tensions géopolitiques actuelles".
PVM Oil, entité du courtier en énergie et en matières premières TP ICAP Group, estime quant à lui que "le marché pétrolier semble accepter d’une manière générale la situation difficile dans laquelle il se trouve actuellement ". La problématique pour l’ensemble de l’industrie de l’or noir étant "de déterminer quel sera le facteur décisif qui sortira le pétrole de son marasme actuel". Un autre facteur est évoqué par les équipes du courtier en énergie, à savoir "l’inévitable remontée du dollar américain, qui est toujours un obstacle à la progression des prix des produits de base ".
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