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Fusions, Acquisitions
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La FDJ veut changer d’échelle avec son OPA sur Kindred / L'acquisition de la maison-mère d'Unibet se chiffre à 2,6 milliards d'euros
La Française des Jeux (FDJ) voit son avenir en grand et s’apprête à débourser 2,6 milliards pour ce faire. L’opérateur historique de la loterie nationale a annoncé ce lundi matin, en marge de la publication de son chiffre d’affaires annuel, le dépôt d’une offre publique d’achat (OPA) amicale sur la maison-mère de la marque de paris Unibet, le suédois Kindred, listé à la Bourse de Stockholm.
Une opération qui sera faite à un prix de 130 couronnes suédoises par action - soit une prime de 24 % par rapport au cours de clôture de vendredi. Et correspondant, donc, à une valeur d’entreprise de 2,6 milliards d’euros.
Le podium français en ligne de mire
L’objectif stratégique est clair. Donner naissance à un champion européen des jeux d’argent et de hasard, grâce à deux déploiements parallèles : celui de l’offre et des géographies, le tout avec un accent mis sur le digital. Ce dernier ne représente aujourd'hui que 14 % du produit brut des jeux (PBJ). Et devrait atteindre près de 30 % pour le groupe combiné. En matière d'offre, ce rapprochement permettra notamment à la FDJ de se renforcer sur le segment des paris et jeux en ligne en concurrence, sur lequel Kindred dispose d’une certaine expertise. Alors qu’il ne pèse qu'à hauteur de 2 % du PBJ de la FDJ actuellement, il devrait se fixer à 19 % du produit du nouvel ensemble. Ce qui permettrait au français, privatisé depuis 2019, de devenir le troisième opérateur du secteur des paris sportifs et des jeux en ligne en concurrence en France.
Un projet d’acquisition décrit donc comme "pleinement aligné avec [la] stratégie [du groupe]", par sa présidente-directrice générale du groupe, Stéphane Pallez, en poursuivant : "Il permettra au groupe FDJ de présenter un profil encore plus diversifié et équilibré s’appuyant sur plusieurs piliers : les activités exercées en monopole, principalement la loterie, sur notre marché historique en France et, depuis novembre, en Irlande, avec l’acquisition de l’opérateur de la loterie irlandaise PLI ; et les activités exercées en concurrence sur le marché des paris sportifs et jeux en ligne en Europe".
Sur le plan géographique, aussi, la présence du suédois sur sept des dix premiers marchés européens (Pays-Bas, Royaume-Uni, France, Suède et Belgique au premier plan) ouvrira la voie à un renforcement géographique de la FDJ. L'ambition est de porter la part de l'international dans le PBJ à 20 %, contre 6 % aujourd'hui.
Au-delà des objectifs avant acquisition
Reste aussi le profil financier du groupe, que l’acquisition viendra renforcer. Kindred a enregistré PBJ de 1,4 milliard d’euros en 2023 et un excédent brut d’exploitation de 238 millions d’euros (pour une marge de 23 %). À titre de comparaison, le PBJ de la FDJ, au terme de l’année écoulée, est ressorti à 6,7 milliards d’euros, tandis que le taux de marge d’Ebitda s’est fixé à 25,1 %. À l’issue du rapprochement, le PBJ devrait atteindre près de 8 milliards d’euros, l’Ebitda 3,5 milliards d’euros et, la marge conséquente, 25 %.
L’impact de l'opération sur l’attractivité financière du français sera double, a assuré la FDJ à l’occasion de l’annonce. Elle permettra d’une part d’accélérer la croissance de l’activité et du flux de trésorerie libre et de produire un effet relutif sur la marge d’Ebitda courant, au-delà de l’objectif visé par la FDJ avant acquisition. D’autre part, elle conduira à augmenter de manière "significative" le résultat par action du groupe et d’améliorer son profil de croissance sur les bénéfices. Ce rapprochement sera tout d’abord financé par la mobilisation d’une large part des liquidités du groupe. L’excédent net de trésorerie du groupe avait atteint 671 millions d’euros au 31 décembre 2023 : un crédit relais auprès de banques françaises sera donc aussi sollicité.
Les conseils d’administration en accord
À noter, par ailleurs, que cette OPA a été unanimement soutenue par les deux conseils d’administration. Celui de Kindred recommandant aux actionnaires du suédois d’apporter leurs titres, et la FDJ ayant d’ores et déjà obtenu un accord irrévocable d’apport de titres de la part de cinq actionnaires de Kindred (soit près de 28 % du capital).
Et que les actionnaires de la FDJ se rassurent, cette opération sera bénéfique pour eux, a indiqué l’entreprise. L’effet de taille, un portefeuille de marques "iconiques" (Unibet, mais aussi bingo.com, 32Red ou Maria Casino) ainsi que des plateformes technologiques éprouvées seront vecteurs de création de valeur.
Alors que l’OPA sera ouverte le 19 février prochain (sa réalisation restant toutefois conditionnée aux autorisations réglementaires de l’Autorité suédoise des marchés financiers et de l’Autorité française de la concurrence), les opérateurs de marché semblent en tout cas voir cette opération d’un bon œil : le titre FDJ figure parmi les plus fortes hausses du SBF 120 à la Bourse de Paris ce lundi, gagnant environ 7 % à 15 heures.
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