Macro-économie / Taux / RTE / France / transition énergétique
Macro-économie / Taux
RTE / France / transition énergétique
Produire plus pour consommer plus / RTE appelle à la sobriété énergétique pour réussir ce tour de force
"Le paramètre central de notre transition c’est le temps, quel moyen de production d’électricité nouvelle la France a-t-elle le temps de construire d’ici 2030, d’ici 2035 et d’ici 2050 ?". Cette question rhétorique posée par Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, visait à répondre aux interrogations de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Les parlementaires n’ayant pas manqué de le questionner et d’évoquer les propositions de leurs différents partis politiques lors de l’audition, le président du directoire de RTE a rappelé l’environnement dans lequel son institution effectuait des prévisions.
Ainsi, il a avancé que "si aujourd’hui on se projette à 2035, […] on a une hausse de la production d’électricité de plus 30 %, si nous voulons nous décarboner ". Pour y parvenir, il a martelé que l’Hexagone devait compter sur "quatre leviers à activer pour tenir nos engagements". Il a cité pêle-mêle " les objectifs de production d’énergies renouvelables, les hypothèses de disponibilité du parc nucléaire installé", tout comme la possibilité de " jouer sur le pilier de la sobriété et sur celui de l’efficacité énergétique"
Souverain
Un autre pan de son discours a été tourné vers des questions d’ordre plus stratégique ; il a déploré constater que "l’absence de souveraineté de la France, c’est aujourd’hui de dépendre à 63 %, de l’énergie qu’elle consomme, de pays qui produisent le pétrole et le gaz". De quoi lui faire arguer que " c’est le problème de souveraineté numéro un et il est bien supérieur à la question de savoir si dans un monde très électrifié nous multiplierons les échanges avec nos pays voisins".
Pour autant si son intervention a été commentée avec virulence par le représentant du Rassemblement national ou largement commenté par celui de La France Insoumise, le représentant de RTE ne s’est démonté pour autant. Face au prétendu rôle "d’enfumage des Français" ou autre accusation "d’arbitrage politique", Xavier Piechaczyk est resté de marbre. Il s’est par ailleurs montré attaché à ce que la "sobriété en termes de chasse au gaspillage", aille de concert avec une "utilisation de l’électricité [qui] ne soit pas dissuasive, que la bascule du fossile vers l’électricité ne soit pas synonyme de privation ni de pénurie ".
Précisions
Pour autant toutes les interrogations n’ont pas été tranchées et en particulier celles touchant à la planification tant des énergies renouvelables, qu’au développement du réseau. En effet, il n’a pas été fait de mystère que "pour piloter le système électrique et pour planifier les investissements réseau, nous aurons besoin d’indications de volumes à la fois du nucléaire et d’énergies renouvelables". Des indications qui pourraient " figurer dans la loi, ça peut figurer dans un décret, ça peut figurer comme aujourd’hui dans un projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie", a avancé le directeur exécutif de RTE.
Seule certitude pour ce dernier, il a insisté " sur le fait que tout ne se jouera pas dans la production, la transition énergétique sera aussi une question de réseau […] dans un monde où dès lors que dès la consommation croît […] les réseaux devront faire l’objet d’investissements absolument massifs pour que la France soit sur la trajectoire d’électrification". Le financement de telles dépenses est une autre histoire.
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