Macro-économie / Taux / RTE / énergies renouvelables / nucléaire
Macro-économie / Taux
RTE / énergies renouvelables / nucléaire
Le nucléaire ne suffira pas à moyen terme pour l’Hexagone / RTE table sur le renouvelable pour satisfaire la demande d’électricité
L’ambition toujours plus grande de renouvelables en provenance de Bruxelles n’est pas sans conséquences pour les États Membres. Il faut dire que l’objectif de réduction des émissions nettes à horizon 2035 fixé par l’Union européenne est devenu drastiquement plus exigeant ; réduction de 55 % des émissions nettes par rapport à 1990 contre 40 % pour les émissions brutes auparavant.
Ce qui constitue aux yeux des équipes de Xavier Piechaczyk, président du Directoire de RTE, un "défi industriel majeur " qui va impliquer "un passage à la vitesse supérieure pour renforcer la capacité de production d’électricité française " et ce tant via "le rythme de déploiement des renouvelables [que] la construction des futurs réacteurs nucléaires".
Marge ténue
Cependant l’agenda est serré et ambitieux, RTE n’hésitant pas à arguer qu’il "s’agit d’une trajectoire d’accélération, avec quelques degrés de liberté mais peu de marge ". C’est un doux euphémisme quand on voit les quatre leviers sur lesquels le gestionnaire du réseau de transport d’électricité propose de s’appuyer ; il s’agit tant d’activer celui de l’efficacité énergétique, que celui ayant trait à la sobriété, ou encore de toucher à l’optimisation de la production du nucléaire existant et enfin d’accélérer le développement des renouvelables. Nombre de secteurs ne seront pas épargnés par l’explosion de la consommation à l’instar de celui des transports, au sujet duquel Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos en France, a insisté en rappelant qu’il s’agit "du secteur le plus émetteur de France. C’est donc là où l’enjeu de décarbonation est le plus important ".
Les travaux préliminaires et la consultation publique menée ces derniers mois ont abouti à cette anticipation d’une explosion de la consommation hexagonale, qui est d’autant plus exigeante que peu courante en France. Il est en effet question d’un " accroissement de la consommation électrique supérieur à 10 TWh par an sur la période 2025-2035", un rythme qui " n’a plus été atteint depuis les années 1980 ". De quoi donner du grain à moudre pour le futur bilan prévisionnel pour la période 2025-2035, qui une fois paru en septembre contribuera à nourrir la prochaine loi de programmation énergie-climat qui doit arriver d’ici la fin de l’année.
Le renouvelable à la rescousse
Confronté à une production provenant du nucléaire, estimé dans une hypothèse prudente à 350 TWh par an, l’Hexagone voit ses besoins d’électrification rendre " nécessaire de porter le volume annuel de production renouvelable au minimum à 250 TWh par an d’ici 2035 (contre environ 120 TWh aujourd’hui) ". Pas de quoi effrayer RTE qui estime que "sur la base des éléments recueillis dans le cadre de la concertation, un volume de production d’environ 300 TWh par an à cette échéance apparaît même accessible".
Pour ce faire, un calendrier est proposé qui se décompose en trois parties ; d’ici à 2030 une croissance des renouvelables qui "passera essentiellement par l’éolien terrestre et le solaire", sur la période allant de 2030 et 2035 il est jugé que "l’éolien en mer peut prendre le relai de l’augmentation sous réserve que la France parvienne à attribuer massivement des parcs entre aujourd’hui et 2025 " et enfin, au-delà de cette date, c’est le renouvellement du parc nucléaire qui permettra de sécuriser les besoins énergétiques français.
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