Macro-économie / Taux / énergie / RTE
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L’Hexagone n’a pas passé l’hiver grâce à la météo / Les prix élevés et la sobriété ont davantage compté
Sans contestation possible la consommation d’électricité française a baissé très largement ces derniers mois. Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, a profité du bilan de l’hiver 2022-2023 du gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France pour avancer que "deux facteurs fondamentaux l’expliquent : les Français, les entreprises et les collectivités territoriales ont fortement baissé leur consommation – pour des raisons de prix mais aussi volontairement."
Il se targue également d’avoir réalisé des prévisions qui sont tombées particulièrement juste, notamment en ce qui concerne le parc nucléaire français. Le rapport publié argue effectivement que "la disponibilité effective du parc nucléaire a été conforme à la prévision centrale de RTE." Ce qui laisse donc imaginer que l’Hexagone dispose d’une marge de manœuvre en termes de production puisqu’un scénario haut avait également été envisagé.
Solidarité
Un autre fait saillant mis en avant par RTE est que les différents États membres de l’Union européenne ont su se serrer les coudes, ce qui a permis d’éviter tout scénario dégradé. En effet, a posteriori il apparaît que "l’interconnexion des pays européens a fonctionné de manière particulièrement fluide avec des imports d’électricité ayant pu atteindre 15 GW."
Le principal effort collectif concerne cependant les efforts de sobriété de la société française, puisque couplé aux effets du signal prix, cela représente près des trois quarts de la baisse connue ces derniers mois. Laissant peu de place au doute quant au relatif faible impact de la douceur hivernale.
Marge de manœuvre
D’autant plus que ce dernier facteur ne concerne qu’une partie de l’économie hexagonale ; RTE rappelle que "l’effet de l’industrie a été plutôt stable au cours de l’automne et de l’hiver", puisque n’étant pas sensible aux changements de température du fait d’une consommation d’un outil de production qui y est peu sensible.
Là où à l’inverse, il est relevé que "l’effet sur le tertiaire (bureaux, commerces, services publics) et le résidentiel (logement) est plus marqué lors des périodes froides." Pas de quoi inquiéter RTE qui suspend jusqu’au prochain hiver son dispositif de publication renforcée de la situation hexagonale. Elle passera dès à présent à un rythme mensuel et non plus hebdomadaire et pourrait cependant s’affiner à l’avenir pour comporter "plus de détails sur les périodes les plus propices pour certains usages en fonction de la disponibilité de la production bas-carbone.".
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