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2022, année noire pour la production d’électricité en France / Le nucléaire et l’hydraulique à la peine
Le chiffre était attendu, il n’en est pas moins marquant. L’année dernière, la production d’électricité en France a chuté à 445 TWh, en recul de 15 % par rapport à 2021, selon le bilan électrique 2022 publié par RTE (Réseau de Transport d’Électricité), soit le niveau le plus faible jamais enregistré depuis 1992. Un triste record qui s’explique par la conjonction de trois crises "indépendantes mais simultanées" : l’envolée des prix du gaz sur fond de guerre en Ukraine, l’indisponibilité prolongée du parc nucléaire et la sècheresse qui a réduit la production hydraulique.
Catastrophe pour le nucléaire
S’ajoutant à un planning de maintenance "initialement chargé et davantage densifié" à cause de la crise sanitaire, les nombreuses indisponibilités imprévues liées à la découverte d’un phénomène de corrosion au sein des réacteurs ont fait chuter la disponibilité du parc nucléaire à 54 % sur l’année, contre 73 % en moyenne entre 2015 et 2019. Cette dernière a même atteint un "minimum historique" le 28 août 2022 avec près de 65 % du parc nucléaire à l’arrêt avant de remonter en fin d’année, tout en restant nettement en deçà des niveaux habituels.
Avec un volume produit de 279 TWh, en baisse de 82 TWh par rapport à 2021, le secteur affiche en effet un niveau de production au plus bas depuis 1988, à l’origine de pertes historiques pour EDF. Un problème d’autant plus grave que le nucléaire représente une large majorité du mix électrique français.
Le renouvelable en demi-teinte
Deuxième pourvoyeur d’électricité en France, l’hydraulique a également été confronté à une année 2022 particulièrement décevante, marquée par des épisodes de chaleur et de sècheresse exceptionnels. Ainsi, la production du secteur s’affiche à 49,6 TWh sur l’année, en recul de 20 % par rapport à la moyenne 2014-2019. À cela se sont ajoutées des conditions venteuses défavorables, qui ont grevé les performances de l’éolien. Certes la production d’électricité éolienne s’est affichée en hausse de près de 2 % sur l’année, à 37,5 TWh, mais elle le doit surtout aux nouvelles installations qui ont accru la puissance totale de 1,7 GW en 2022.
Seul véritable motif de satisfaction, le photovoltaïque a, quant à lui, connu une année favorable, profitant de bonnes conditions d’ensoleillement pour produire 18,6 TWh, soit 30 % de plus qu’en 2021. "Une accélération du rythme d’installation des énergies renouvelables reste nécessaire pour atteindre les objectifs fixés par les pouvoirs publics pour la décennie 2020-2030", rappelle toutefois RTE.
Net recul de la consommation
Malgré l’effondrement de la production intérieure, "le système électrique a fait preuve de résilience et il n’y a pas eu de rupture d’approvisionnement", se félicite le gestionnaire du réseau électrique. Ce modeste motif de satisfaction a été notamment permis par la diminution de la consommation à 459,3 TWh, en 2022 en retrait de 1,7 % par rapport à l’année précédente. Celle-ci a d’abord été observée dans l’industrie, plus exposée aux variations des prix en l’absence de protection tarifaire, et s’est ensuite élargie à tous les secteurs, notamment résidentiel et tertiaire. "Il reste difficile de départager l’effet sur la consommation de la contrainte économique et des actions en faveur de la sobriété énergétique", admet toutefois RTE.
En outre, les centrales à gaz ont été sollicitées à un niveau inédit. "Avec un volume produit de 44,1 TWh sur l’année, le gaz est redevenu la troisième source de production d’électricité en France, derrière le nucléaire et l’hydraulique, à la place de l’éolien qui avait occupé cette place sur les deux années précédentes", souligne le rapport. Enfin, pour combler la différence restante, la France est redevenue pour la première fois depuis 1980 importatrice nette d’électricité, avec un solde de 16,5 TW, ce qui représente un peu moins de 4 % de la consommation nationale.
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