Macro-économie / Taux / Matières premières / Monde / cours
Macro-économie / Taux
Matières premières / Monde / cours
L’accalmie se prolongerait pour les matières premières / Des nombreuses épées de Damoclès planent au-dessus de leurs cours
Pour l’instant, tout va bien. C’est le constat dressé par la société d’études CyclOpe, spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux de matières premières et de commodités. Son directeur Philippe Chalmin argue ainsi que "dans l’ensemble, les moyennes 2024 seront en retrait par rapport à 2023 (– 6 % pour l’indice CyclOpe), mais l’essentiel des baisses de prix est déjà pris en compte par les marchés".
Les auteurs des prévisions estiment cependant, que face aux nombreuses incertitudes pour l’année en cours, qu’ils observent que "l’exercice de prévision trouve là cependant ses limites : l’expérience montre que si l’on parvient souvent à anticiper l’ordinaire, l’extraordinaire nous échappe ". Ils en veulent pour preuve, que le conflit entre Kiev et Moscou en est à sa " seconde année sans que, début 2024, on puisse en imaginer quelque solution". Les exportations des deux pays en sont aujourd’hui lourdement affectése et ce dans des domaines allant de l’uranium au blé.
Calme avant la tempête
Tout en soutenant que "pratiquement durant toute l’année, la tendance baissière du deuxième semestre 2022 s’est poursuivie, plus accentuée même dans les derniers mois", le CyclOpe n’élude effectivement pas les risques géopolitiques. Tout comme il est rappelé qui si "l’indicateur CyclOpe est en baisse de 14 % en 2023, de 11 % si l’on exclut le pétrole et les métaux précieux. La réalité est probablement celle d’une baisse encore plus marquée : les indices (celui de CyclOpe comme tous les autres) ne prennent en effet en compte que les produits faisant effectivement l’objet d’une cotation internationale utilisée comme référence par tous les acteurs". Ne serait donc pas intégré dans le calcul des indices, le gaz naturel dont "le prix américain utilisé par de nombreux indices n’est pas représentatif de la réalité mondiale, tout comme le TTF européen" ou encore le charbon, le lithium et le cobalt.
Le pragmatisme est de mise quant aux troubles au Proche-Orient, leur impact limité aujourd’hui tenant notamment à "des pays producteurs (de pétrole ndlr) – à commencer par l’Iran – [qui] sont aujourd’hui trop dépendants du pétrole pour imaginer en faire à nouveau une arme géopolitique". Le dossier chinois est également abordé, avec un point d’attention sur une "dépendance de la Chine en termes d’approvisionnement en matières premières [qui] est considérable (en produits bruts plus que transformés, en minerais plus que métaux)", une faiblesse qu’elle transforme en arme dans d’autres secteurs. Pékin contrôlant " des filières entières, du soja du Brésil aux minerais du Congo (RDC) et au nickel d’Indonésie ", l’instauration de "quotas à l’exportation sur le gallium et le germanium puis restrictions à l’exportation de technologies utilisées dans la métallurgie des terres rares" est également devenue redoutable.
Ambivalent
Les nombreuses élections prévues en 2024, font dire aux auteurs des prévisions que "l’instabilité politique demeure d’ailleurs un handicap majeur pour l’investissement minier", il est néanmoins avancé qu’une fois "assurée la réélection de Narendra Modi, embargos et quotas devraient peu à peu disparaître ". Les effets des épisodes politiques sur les matières premières sont donc particulièrement complexes à prédire.
Une attention particulière est apportée au climat avec une forte interrogation concernant la Chine qui va être affectée par El Niño. Cet épisode climatique pourrait influencer sa déjà très forte demande de grains (en progression de 12 % l’an passé). Dans le même temps, les politiques de soutien à l’agriculture pourraient connaître une recrudescence des deux côtés de l’Atlantique et bouleverser le marché.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

